La Nouvelle Tribune

Débats sur la suspension des primes dans les sociétés d’Etat : un acte de réalisme ou de provocation?

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Le débat de l’émission «pour ou contre» de la chaine de télévision privée «Golf tv» s’est penché sur la question de la suspension dans les offices et sociétés d’Etat. Si pour certains invités cet acte relève de la provocation, pour d’autres, par contre, le gouvernement vient d’entreprendre une action salutaire. « Suspension des primes et indemnités: réalisme ou provocation?’’. C’est le thème autour duquel les invités de l’émission « Pour ou contre » ont mené leur débat. Pour Dieudonné Lokossou, Secrétaire général de la Centrale syndicale autonome, on ne saurait dégager les primes des salaires. Selon lui, cette décision est une violation des textes de la République par le gouvernement dans sa décision de suspendre les primes des travailleurs du Bénin. « Les primes sont règlementés et encadrés par des conventions », a-t-il dit. Ce qui signifie que le gouvernement dans son élan de suspension de ces accessoires de salaires est en train de violer les conventions. Pis, les arguments qu’avance le pouvoir pour justifier la lettre N°769/SG/PR/SP-C du 31 octobre 2011 du secrétariat général de la présidence de la République relative à la suspension du paiement des accessoires de salaire dans les sociétés et offices d’Etat ne sont pas valables. Pour Dieudonné Lokossou, Boni Yayi dit vouloir mettre de l’ordre dans la manière dont les primes sont octroyées dans les structures en question, alors que le même problème se pose au palais de la présidence de la république. De plus, à la question de savoir si les syndicalistes ne vont pas vite en besogne en descendant dans la rue, il répond que les travailleurs ne sont pas là pour encourager le président lorsqu’il se met à violer les textes de la République. Au contraire, leur rôle est de le ramener sur le droit chemin quand il est en train de faire mal. Aussi, les syndicalistes mènent-ils leur lutte en tenant compte des textes régissant le droit de grève dans le pays. En abondant dans le même sens, il déclare que même si les indemnités et primes qui sont perçus par les fonctionnaires sont exorbitantes et se perçoivent de façon légal, il n’y aucun problème. Dans les pays qui se respectent notamment ceux européens, les populations savent combien leur président gagne en matière de salaire. Mais au Bénin, personne ne peut dire ce que le président gagne comme salaire. Ce qui sous entend que même le président peut être fautif.

De leur côté, ceux qui pensent que le président de la République est dans la droite du développement du Bénin voient des choses d’une autre manière. Pour eux, les travailleurs doivent comprendre que le gouvernement n’est pas leur ennemi. Au contraire, c’est pour leur bien si cette décision est prise. Et il est inadmissible qu’une minorité des travailleurs accaparent la plus grande partie des ressources au détriment de la majorité. Les syndicalistes n’ont alors aucune raison de se révolter contre le pouvoir. Encore qu’il s’agit d’une suspension temporaire pour mettre de l’ordre dans la façon dont ces primes et indemnités sont octroyées. Ils affirment qu’on ne peut accepter qu’au Bénin un fonctionnaire perçoit 150 millions de primes chaque deux ans alors ces fonds peuvent servir à résoudre d’autres problèmes. « Certains directeurs de société d’Etat perçoivent beaucoup plus que le président lui-même », a laissé entendre l’un d’eux. Ils pensent que les syndicalistes ne mènent pas une lutte de participation, ils mènent celle de revendication. Pour eux, quand les décisions du gouvernement les arrangent, ils ne disent rien. C’est quand ces décisions ne leur permet pas de tirer leurs profits qu’ils commencent par descendre dans les rues. Et si tel est le cas, le Bénin ne connaitra jamais un développement durable. Pour la plupart de ceux qui sont intervenus dans cette émission, ils pensent que le débat est déséquilibré.