La Nouvelle Tribune

Le Bénin paie le prix du non respect des textes des échanges commerciaux

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(Notre pays doit changer de fusil d’épaule) Plus qu’un simple coup de gueule les déclarations du président de l’Assemblée nationale du Niger sur les tracasseries routières dont sont victimes les conducteurs nigériens de gros porteurs sur l’axe Cotonou /Niamey apparaissent comme un pavé jeté dans la mare de notre Etat qui traîne les pas pour mettre en application les textes relatifs aux traités de la Cedeao et de l’Uemoa en ce qui concerne la libre circulation des personnes et des biens. Tout comme, le Nigéria voisin avait administré à notre un véritable camouflet en recourant à sa manière à la « Clause de Sauvegarde » (une disposition de l’Omc) en 2002 en interdisant l’entrée sur son territoire, à partir du port de Cotonou, des produits destinés à la réexportation.

Par la prise de cette décision, les autorités nigérianes reprochaient au Bénin de servir d’entrepôt et de tremplin pour l’entrée frauduleuse de produits concurrentiels importés sur son marché. Les entreprises béninoises spécialisées dans la réexportation avaient durement ressenties les conséquences néfastes de ces mesures. Il a fallu une offensive diplomatique béninoise pour que ces mesures soient revues, afin que seuls les produits « Made in Bénin » soient acceptés à l’entrée des frontières par les autorités nigérianes à partir de 2005. Pour le cas évoqué par le président Hama Amadou, notre pays n’a pas daigné se conformer aux dispositions Uemoa relatives à l’harmonisation des normes et procédures de contrôle du poids des chargements à l’essieu des véhicules lourds de transport de marchandises. Ce règlement adopté en 2005, fixe de 25 à 30 tonnes la charge autorisée est déjà mise vigueur depuis plusieurs années par le Niger. Sa mise en application s’est traduite par la construction en territoire nigérien de trois postes de contrôle fixes où sont bloqués les contrevenants à cette règle jusqu’à acquittement d’amende par le propriétaire. Il en est de même au Mali un autre pays de l’hinterland qui utilise les installations portuaires du Bénin. Pendant ce temps, notre pays traîne les pieds pour aligner sa position sur celle des autres pays de la sous région. Une situation qui prête le flanc à l’indélicatesse et aux pratiques dénoncées par le président de l’Assemblée nationale du Niger Hama Amadou. De même, la non application de cette règlementation est à l’origine des nombreux cas d’accidents enregistrés sur nos axes routiers du fait des chargements hors gabarit des camions gros porteurs qui endeuillent nos populations. Face à ces déclarations pour le moins fracassantes de Hama Amadou , notre pays se doit désormais de changer de fusil d’épaule , au risque de perdre les énormes avantages que lui confère sa position géographique.

Où sont passées les barres limitatives des chargements à l’entrée de Porto-Novo ?

Ala faveur des travaux de réfection de la voie pont de Porto-Novo Place Bayol, les deux plaques limitatives des chargements des camions ont été enlevés depuis le mois d’août 2010 . Placé non loin de la direction régionale des douanes Ouémé-Plateau et du commissariat central, ce dispositif n’a pas été remis en place depuis la fin des travaux. Une situation qui fait le lit du non respect des normes de chargements à l’essieu et celui des transactions occultes