La Nouvelle Tribune

A propos de la non installation des 24 conseils

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L’ultimatum des groupes G4, G13 et Force clé au gouvernement
(Des craintes pour le déroulement des élections de 2011?)
Face à la situation relative à la non installation de 24 des 77 conseils communaux, plusieurs semaines après l’expiration du délai légal d’installation, les groupes politiques G4, G13 et Force clé sortent enfin de leur silence.
Dans une déclaration liminaire rendue publique hier lundi au centre «Chant d’oiseaux» de Cotonou à l’occasion d’une conférence de presse conjointe, ces forces politiques disent inviter « le gouvernement à procéder sans conditions, dans les plus brefs délais et dans un esprit d’équité, à l’installation de tous les conseils communaux encore en reste, dans  le respect des lois républicaines ». Tenant responsable, le gouvernement « des déconvenues qui adviendraient », ces forces politiques représentées hier au présidium par Moukaram Badarou du Prd, Georges Bada de la Rb, Patrice Gangnito du Psd et Assan Seybou du Madep soutenus par la présence dans la salle de plusieurs autres députés et personnalités des formations que renferment les groupes G4. G13 et Force clé disent voir les présentes perturbations, ce que pourraient être les élections législatives et présidentielles de 2011. Lire la déclaration liminaire à la conférence de presse.
Déclaration

Nous vous remercions d’avoir répondu à notre appel.
Comme vous le savez, les rideaux sont tombés sur les élections municipales, communales et locales d’avril et mai 2008 qui n’ont pas abouti pour le pouvoir à tous les résultats qu’il escomptait.
Selon les dispositions légales, les Conseils Communaux doivent être installés dans un délai de quinze jours, après la proclamation des résultats par la Commission Electorale Nationale Autonome (CENA).
Mais près de trente jours après les résultats proclamés par la CENA, il est ahurissant de constater que les conseils de 24 communes n’ont pas été installés. Il s’agit de : Abomey-Calavi, Zè, Avrankou, Sèmè-Podji, Dangbo,  Aguégués, Kétou, Ifangni, Houéyogbé, Djakotomey, Agbangnizoun, Glazoué, Kalalé, B aniko ara, Malanville, Karimama, Kandi, Sinendé, Ouaké, Copargo, Matéri, Tanguiéta, Toucountouna, Ségbana. Et l’auteur de ce blocage délibéré qu’est le Gouvernement n’en est pas du tout gêné. A travers des déclarations incongrues, le Ministre de la Décentralisation et des Collectivités locales, prétexte de pseudo soulèvements, ici imaginaires, là orchestrés par les partisans du pouvoir, pour gérer, de façon sélective et étrange, l’installation des Conseils Communaux. Et pour cause, les conseils communaux non installés sont ceux qui, pour la plupart, ont échappé au pouvoir. Cette démarche inquiétante et inacceptable dans une démocratie, participe des raisons qui entravent aujourd’hui le fonctionnement régulier de l’Assemblée Nationale. Elle a également entraîné des violences dans plusieurs communes, notamment Avrankou, ce qui est une première au Bénin et nous fait entrevoir ce que l’on prépare pour les élections de 2011. Il s’agit purement et simplement d’une manœuvre d’un gouvernement aux abois, champion de la violation des lois de la République et des droits de la personne humaine.
 Nous l’avons déjà souligné dan notre saisine de la Cour suprême : cette manœuvre grossière a pour finalité de retarder les élections des Maires et de leurs adjoints jusqu’à ce que les recours qui, il faut le rappeler, ne sont pas suspensifs, aboutissent alors que dans le même temps, le gouvernement fait du forcing pour installer les conseils communaux d’Agbangnizoun et de Banikoara où les résultats proclamés par la Cena ne sont pas complets jusqu’à ce jour.

 Le Bénin doit demeurer un pays démocratique et un Etat de droit.
En conséquence, le G4, le G13 et Force clé n’acceptent pas que le gouvernement s’arroge le rôle du juge du contentieux électoral en violation de la Constitution et des lois de la République. Les forces politiques signataires de la présente déclaration invitent le gouvernement à procéder sans conditions, dans les plus brefs délais et dans un esprit d’équité, à l’installation de tous les conseils communaux encore en reste, dans un le respect des lois républicaines. Dans le cas contraire, le G4, le G13 et Force clé tiendront responsables le gouvernement des éventuelles déconvenues qui adviendraient.
Par ailleurs, des informations nous parviennent, selon lesquelles la Cour suprême serait disposée à manœuvrer pour que le pouvoir obtienne par le biais des recours, ce qu’il a perdu par les urnes. Nous en appelons au sens de responsabilité et à la conscience républicaine des juges de la Cour pour qu’ils ne cèdent pas aux pressions.
Qu’il vous souvienne que le 12 mars 2008, le G4 dans sa déclaration soutenue par le G13, Force clé et des personnalités politiques, avait tiré la sonnette d’alarme sur la gravité de la situation que traverse notre pays.
En effet, plus de 2 ans après son installation, il ne fait désormais  aucun doute que le pouvoir actuel est en train de réduire à néant tout ce que notre peuple a conquis à la conférence nationale: la liberté, là démocratie et le droit à des conditions de vie décente pour tous. Ainsi, une évaluation depuis avril 2006, nous permet de constater:
. Des violations répétées du principe constitutionnel de séparation des pouvoirs et des velléités de caporalisation des autres institutions de la République;
. Des entraves aux libertés, ce qui a amené « Reporters Sans Frontière» et Amnesty International à rétrograder notre pays;
. Des atteintes aux libertés syndicales, aux franchises universitaires et à l’indépendance des magistrats;
. La manipulation des forces de défense et de sécurité à des fins partisanes;
. La pagaille et l’indiscipline budgétaire qui se traduisent par la non budgétisation de certaines recettes de l’Etat, leur utilisation anarchique ou leur détournement pur et simple;
. L’utilisation massive des Ordres de Paiement (OP) c’est-à-dire des décaissements des fonds de l’Etat sans dossier malgré les engagements pris devant la nation d’y mettre fin
. Les voyages et tournées présidentiels et ministériels intempestifs et inefficaces mais très coûteux pour le contribuable;
. La création d’institutions et de postes peu probants mais surtout budgétivores.
A tout cela s’ajoute enfin la cherté de la vie qui ne [finit pas de s’amplifier jour après jour, rendant ridicules tous les effets d’annonce que ne cessent de claironner le Gouvernement et ses thuriféraires.

Cotonou, le 16 juin 2008.