La Nouvelle Tribune

Projet de loi sur la grève à l’Assemblée : La grande surprise qui attend les syndicats

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Les travailleurs béninois risquent de voir le projet portant exercice de droit de grève au Bénin devenir une loi à part entière, comme une situation surprenante voire accablante à l’instar du cas des douaniers. Les syndicats et les travailleurs du Bénin risquent une prochaine surprise de la part du gouvernement à propos de la loi sur le droit de grève en République du Bénin , à l’instar du cas des douaniers «On ne s’attendait pas à cette situation le Chef de l’Etat nous avait driblé», a indiqué un régisseur des services de la douane ce qui existait, poursuit-il, c’était la loi sur le droit de grève qui pendait à l’assemblée nationale et pouvait déboucher sur de nouvelle crise entre les syndicats et le gouvernement.

«Et précipitamment, le gouvernement a remplacé ce projet de loi par celui qui interdit l’exercice du droit de grève aux douaniers. Et contre toute attente, la loi a été votée discrètement par les députés et soutenue par la cour constitutionnelle. «Après promulgation par le président de la République, les douaniers se sont retrouvés dans un piège», a fait observer le régisseur. Un membre du bureau du syndicat des douaniers du Bénin (Sydob) renchérit : «Personne n’a eu vent de l’existence du projet de loi interdisant la grève aux paramilitaires. Sinon on l’aurait contre-attaqué comme le projet de loi portant exercice du droit de grève dans notre pays». Ce qui était arrivé, poursuit-il, nous avait tous surpris. Et c’est dans une situation aussi surprenante que risque de conduire à nouveau le gouvernement, les travailleurs. On se rappelle, l’honorable Djibril Mama Débourou avait affirmé que le projet de loi portant exercice du droit de la grève en République du Bénin se trouve bel et bien dans le circuit du parlement et fera l’objet d’un débat en plénière. Depuis le lundi dernier, de source médiatique le projet sera ouvert à la prochaine session parlementaire. Aucun responsable syndical à ce jour ne sait, de façon précise, quel sort le pouvoir réserve aux différentes observations et amendements qu’ils auraient bien voulu apporter au projet avant son examen au parlement. Mieux, après les quelques mesures de protestations prises par les centrales syndicales, ceux-ci ont déjà sursis à tout mouvement de protestation attendant certainement que leur cris d’alarme ne soit pas pas tombé dans les oreilles de sourds. Yayi Boni demandait de façon formelle une longue trêve. Ce qu’il peut facilement obtenir par le présent projet de loi qui exige 20 jours de préavis avant le déclenchement d’une grève. Le droit de la grève est un droit constitutionnel, elle constitue une arme excellente de défense de la démocratie. Si, Yayi parvenait à l’affaiblir, il aura sauté un grand pilier de la démocratie béninoise. Les syndicalistes béninois s’ils ne prennent pas tôt leurs responsabilités face au contexte qui se présente dans le cas d’espèce, ils se verront pris en otage par le gouvernement. En effet, des dispositions du projet de loi peuvent être régulières et constitutionnelles. A titre d’exemple, le gouvernement peut vouloir imposer 20 jours de préavis pendant que cinq jours suffisent. Là-dessus, les principes juridiques d’examen des projets ne pourront de façon rigoureuse trancher. Dans ce cas, il n’y aura que la vigilance des acteurs praticiens de cette loi pour imposer ce qui est légitime. Et c’est d’ailleurs pourquoi une concertation avec les syndicats sur le contenu de la loi avant son envoi à l’assemblée nationale était nécessaire. Il urge que les syndicalistes exigent le retrait pur et simple de ce projet. Mieux, qu’ils déclenchent des mouvements de protestation, s’ils veulent éviter la surprise qu’à subie les douaniers.