La Nouvelle Tribune

Déclaration de l’Unstb sur l’actualité syndicale nationale : le faux jeu d’Emmanuel Zounon et ses pairs

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L’Union nationale de syndicats de travailleurs du Bénin (Unstb) a, sans doute, tourné dos aux autres centrales syndicales. C’est du moins ce qu’on peut déduire de la dernière sortie médiatique du syndicat qui s’est tenu en fin de semaine dernière. Parlant de la loi sur l’interdiction de la grève aux personnels militaires et paramilitaires, le secrétaire général du mouvement syndical a soutenu le gouvernement. L’Union nationale de syndicats de travailleurs du Bénin (Unstb) retourne sa veste. Le syndicat s’est prononcé la semaine écoulée sur la loi n° 2011-25 portant Règles générales applicables aux personnels militaires, forces de sécurité publique et assimilés en République du Bénin. De l’analyse de l’intervention du Secrétaire général du mouvement syndical, Emmanuel Zounon, il ressort que la loi en question est conforme aux législations béninoises et internationales en matière de droit de travail et de liberté syndicale. L’Unstb devient la seule centrale syndicale à soutenir le gouvernement. Pis. Emmanuel Zounon a avancé dans ses propos les mêmes arguments que ceux tenus par le gouvernement et sa mouvance parlementaire pour expliquer la prise de cette loi.

Pourtant, à sa publication, la décision Dcc 11-065 du 30 Septembre 2011, qui a reconnu la conformité de la loi n°2011-25 avec la constitution béninoise et les conventions de l’Organisation internationale du travail(Oit) avait créée un tollé général dans le pays. Des observateurs avertis de la vie politique et sociale nationale et des juristes de haut niveau l’avaient qualifiée de revirement jurisprudentiel inexplicable. D’autant plus de l’avis de l’ancienne Cour constitutionnelle le droit de grève est un droit acquis pour tous travailleurs y compris les personnels en uniforme militaire.

Dans le même ordre, les centrales syndicales ont dénoncé une violation de la liberté syndicale et des acquis de la conférence des forces vives de la nation de Février 1990. En effet, à la faveur d’une déclaration conjointe rendue publique le 30 Septembre, toutes les centrales syndicales, y compris l’Unstb ont manifesté leur mécontentement vis-à-vis de l’adoption de cette loi par l’Assemblée nationale. Elles avaient dénoncé les manœuvres d’intimidation et les pressions que le gouvernement exerce sur les travailleurs visant à restreindre leur liberté. Ladite déclaration a été signée par les secrétaires généraux des différentes centrales syndicales. Ce sont la Cstb, la Csa-Bénin, la Cgtb, Cosi-Bénin, Unstb et Cspib.

Il est donc surprenant que l’Unstb revienne sur sa position. Cette volte-face est semblable à un faux jeu que joue cette centrale syndicale. De part sa nouvelle position, elle s’inscrit sur la liste des nombreux groupements à vocation politique dont les parrains se trouvent dans les arcanes du pouvoir qui ont apprécié le vote de loi en question et témoigné leur soutien au chef de l’Etat toute la semaine passée durant. Et la position de l’Unstb vient porter un coup à l’unité et la solidarité que les centrales syndicales ont jusque là affichée.