La Nouvelle Tribune

Vote hier de la loi contre le droit de grève des douaniers : les députés de l’UN vident l’hémicycle

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C’est une demande d’ajournement formulée par le président Antoine kolawolé Idji qui a fait déborder le vase et a installé le mécontentement général au sein des députés de l’opposition. En effet, au cours de la motion de procédure demandée par le président Idji, ce dernier a laissé entendre que beaucoup de collègues ont suggéré implicitement ou non, l’ajournement des débats.

« Je demande un ajournement des débats au nom de mon groupe parlementaire "Union fait la nation". Si l’Assemblée nationale la rejette, mon groupe ne prendra pas part aux débats particuliers sur ce texte. Les douaniers ne sont que des cobailles… » s'est désolé le président Antoine Kolawolé Idji. Mais il a été très tôt arrêté par les élans impulsifs des députés Djibril Débourou et Chabi Sika qui ne lui ont même pas laissé le temps de terminer son intervention. Finalement le député Fcbe Djibril Débourou a pris la parole pour s’opposer à cet ajournement. Et conformément aux dispositions du règlement intérieur de l’Assemblée nationale, cette demande a été mise au vote. 52 députés étaient contre, 16 ont approuvé et 0 abstention. Une fois le verdict donné, les députés de l’Un , à l’exception de ceux de la Renaissance du Bénin, ont vidé l’hémicycle laissant leurs collègues de la majorité parlementaire poursuivre les travaux sur cette proposition de loi.

Le coup de gueule de Antoine Kolawolé Idji

« Ils parlent d’un texte de loi dont nous avons besoin. Vous avez vu les douaniers dans la salle, ils ont fait très peu de grève et pour des raisons qui ne sont mêmes pas liées aux salaires. Le gouvernement a encore la possibilité de négocier et j’en appelle au président Boni Yayi parce qu’il a pu être débordé par quelques uns de ses partisans. J’en appelle au gouvernement de revoir sa copie et de négocier avec les douaniers et avec les acteurs sociaux d’une façon générale. Parce que je le répète, ce qui a commencé avec les douaniers s’étendra à tous les autres travailleurs. Les débats sur les textes, c’est un faux débat. Même si la proposition de loi est en tout point conforme à la Constitution, en tout point conforme aux conventions du BIT, cette proposition de loi est totalement et radicalement non conforme aux principes directeurs de la conférence nationale. Une loi qui institue la répression et non la négociation avec les partenaires sociaux. Comment voulez-vous appeler ça ? C’est une loi liberticide ».