La Nouvelle Tribune

A propos de l’ouvrage du général François Kouyami : la réaction du colonel Philippe Akpo

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Après l’autopsie réussie dudit ouvrage par le professeur Pierre G. Mêtinhoué, de l’Université d’Abomey-Calavi, qu’il me soit permis de revenir sur quelques aspects fondamentaux de cette publication qui constitue un plus dans la restitution de l’histoire politico-militaire de notre cher pays le Bénin.

1- Il est pour le moins surprenant que le directeur de la police nationale que fut l’Auteur, confonde l’Administrateur Civil Viho Expédit à un Commissaire de Police (cf page 36 de l’ouvrage)

2- A la page 28

L’officier Kouyami, lieutenant au moment des faits évoqués puis Général de Brigade lors de la rédaction de son mémoire, transcrit ce qui suit : « Prenez garde à vous mon sergent » Il aurait dû écrire : « Prenez garde à vous Sergent » sur un ton impératif qui ne souffre d’aucune ambigüité.

3- A la page 37, avant dernier paragraphe il écrit : « Dans tous les cas, je m’étais évertué à réorganiser la police, à la rendre plus efficace et à mettre en place une structure d’étude des renseignements. Cela permettait d’informer les autorités de ce qui se disait, se tramait et se faisait. »

Etait-ce cela la réorganisation de la police nationale en deux (02) années et trois (03) mois ?

De l’affaire Kovacs aux tragédies du GMR

4- Page 55, dernier paragraphe, 1ère ligne.

Monsieur Kovacs n’était pas Grec mais Polonais.

5- Page 62, 2ème paragraphe.

L’auteur affiche ici son mépris et le peu de considération qu’il nourrit contre ceux qui n’étaient pas officiers comme lui, dans la mesure où il écrit :

« Les Adjudants-Chefs Clément Zinzindohoué, Philippe Akpo, qui n’étaient pas officiers d’ailleurs. »

L’auteur, qui n’était revenu de sa formation de gendarme qu’en 1965 ne sait pas que les sous-officiers des forces armées béninoises avaient toujours été ceux qui, à chaque fois, avaient poussé les officiers à des compromis salutaires, aux périodes incertaines de notre évolution socio-politique depuis octobre 1963 jusqu’au 26 octobre 1972.

Les contre-vérités de l’ouvrage

6- Que le Lieutenant Kouyami ait appartenu au groupe Alladayé, Béhéton, Aïkpé et les autres, en cercle restreint, reste plausible. Mais, de là à prendre part à la décision de précipiter les choses pour déboucher sur le coup d’Etat du 26 octobre 1972, relève d’une affabulation.

L’auteur dit avoir reçu des instructions lui enjoignant de disparaître de Porto-Novo, lui et sa compagne de l’époque, qui attendait un bébé, leur aîné. Ils s’étaient donc retrouvés chez un ami à Adjohoun. A dessein, il évite de préciser de qui lui étaient venues ces instructions. Il juge que la révélation de cette source n’était pas nécessaire à la compréhension de l’histoire. C’est la preuve que l’auteur avait simplement cherché à préserver sa vie et celle de son épouse.

Il reconnaît ne pas être au front à Cotonou et avait en conséquence pris le maquis. Il affirme avoir participé à la phase de conception de ce putsch, en partie seulement mais non à son opérationnalisation.

Pourquoi se plaît-il à jouer des rôles dont il était très éloigné ?

Ainsi donc, à partir de son piédestal, tout son récit sur le 26 octobre 1972 n’est qu’une désinformation sur la réalité des faits. Dans cette posture, il lui aurait été rapporté par un témoin oculaire, qu’à la proclamation du putsch, le premier « Dahoméens, Dahoméennes » entendu à la radio était du Colonel Alphonse Alley. Le Capitaine Janvier Assogba, de son propre chef, avait arraché la copie du discours au Colonel Alley et l’a remise au Commandant Kérékoiu. Il aurait presqu’ordonné : « Lisez ».

L’affaire Aïkpe : un crime crapuleux ?

7- Page 73 à 74

Toute la description faite à ce point relève d’une contre-vérité.

8- Page 74

L’appréciation faite à ce point par l’auteur, critique d’un passé qu’il décrit, est des plus inacceptables. Il y est écrit en effet ce qui suit : «certains ont même été décorés à titre posthume. Adjo Boco Ignace, Abdoulaye Issa et les autres. S’ils avaient été si utiles pour le pays, ce n’est pas maintenant qu’ils seront admis dans l’Ordre National. Cela suppose que le pouvoir leur reconnaît un certain mérite. Tant mieux. Je laisse le peuple juge de tout ça».

Contribution du Colonel à la retraite Philippe Akpo acteur actif du 26 octobre 1972.