La Nouvelle Tribune

Mauvaise gestion des biens publics au Bénin : le Pcb a réfléchi sur les responsabilités et les probables solutions

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Le Parti communiste du Bénin(Pcb) a organisé, hier au Palais des Congrès de Cotonou, un colloque sur la gestion du bien public et l’avenir du Bénin. Des acteurs de la société civile, personnalités politiques, professeurs d’université, étudiants, membres et sympathisants du parti y ont pris part.

«L’unanimité semble se faire quel que soit l’angle sous lequel on regarde la chose : le Bénin souffre de la mal-gouvernance, le Bénin est mal gouverné. Du coté des citoyens, on doigte le gouvernement. Du coté du gouvernement, la volonté affirmée du Chef de l’Etat - de vouloir refonder la Nation - exprime cet aveu de mal-gouvernance ». Ces mots sont de Philippe Noudjenoumè, premier secrétaire du Parti communiste du Bénin(Pcb). C’était, hier au Palais des Congrès, lors de sa communication introductive au colloque qu’a organisé le parti. Ce colloque s’est tenu sous le thème « le comportement vis-à-vis de la gestion du bien public pour un développement accéléré, harmonieux et durable du pays ». A travers une série de communications les participants ont été tenus en haleine sur les différents aspects du comportement des dirigeants et citoyens béninois face à la gestion du bien public dans le pays. On peut retenir que les décideurs, du public comme du privé, ont une part de responsabilité en ce qui concerne la mauvaise gestion des biens publics au Bénin. Noudjenoumè a expliqué dans sa communication que la gestion des biens publics par les différents gouvernements qui se sont succédé à la tête du Bénin, depuis les indépendances, a été une catastrophe. Cela s’illustre par le fait que de 1960 jusqu'à 1972, toute équipe gouvernementale qui succédait à une autre taxait son prédécesseur-souvent chiffres à l’appui- de « gabegie, de mauvaise gestion des biens publics ».

Quant à la part de responsabilité du citoyen, le premier secrétaire du Pcb affirme que « le béninois est connu pour son indifférence vis-à-vis du bien public ». Cela se justifie par l’usage que font les travailleurs des véhicules de services à eux alloués par l’Etat. « Des directeurs et Chefs services n’hésitent pas à laisser tourner les climatiseurs de leur bureau pendant des heures et même des jours », a –t-il poursuivit. Il est soutenu par Georges Atihou, vice président de l’ordre des experts comptables du Bénin qui atteste que les travailleurs sont au courant d’au moins 60% des malversations dans nos structures.

Le contrôle citoyen comme porte de sortie

Des différentes interventions, on note que, les choses semblent s’empirer sous le régime actuel. Et les mesures prises par les différents gouvernements telles que la mise sur pied de commissions, la création de la cellule de moralisation, les Igm, Ige, Igf et les différentes lois et ordonnances ; n’ont permis de venir à bout du mal.

« La lutte des comités locaux à la base est une solution de l’échec de l’arsenal juridique dans la lutte contre la corruption » a affirmé le vice-président de l’Association de développement de Natitingou. Ainsi, le Pcb préconise le control citoyen comme solution contre la mauvaise gestion des biens publics. Et cela passe, selon Moise Sèdjro, agro-économiste et l’un des communicateurs, par le fait que le citoyen doit s’intéresser à la gestion faite du bien public, à compter déjà de son quartier, sa commune. Entre autres solutions, il faut axer les politiques de développement sur la satisfaction des besoins pressants des populations, et introduire les langues nationales dans l’instruction.