La Nouvelle Tribune

Non remboursement de prêts : le Fnpeej étale ses carences

Espace membre

(Réckya Madougou doit prendre ses responsabilités) Le Fond national de promotion de l’entreprise et de l’emploi des jeunes vient de s’inscrire sur la liste des sujets brûlots de l’actualité nationale. Et pour cause, la quasi-totalité des bénéficiaires sont, à la date du 1er Septembre dernier, débiteurs insolvables.

L’arbre qui a pendant longtemps caché la forêt s’est effondré et le peuple béninois vient d’être mis au courant de l’état réel, déjà redouté, de la gestion du Fonds national de promotion de l’entreprise et de l’emploi pour les jeunes (Fnpeej). Aux dates échues de leurs engagements, 81,16% des bénéficiaires du fond restent toujours débiteurs contre 19% seulement en règle vis-à-vis de l’institution.

Ces chiffres mettent à nu les dessous et les insuffisances qui caractérisent la gestion du Fnpeej créé par Boni Yayi au début de son premier quinquennat pour encourager l’entreprenariat et l’auto-emploi au niveau des jeunes. Les choses ne se passaient pas en fait bien comme l’ont souvent martelé les autorités ministérielles de tutelle. On est donc fondé à conclure que les structures impliquées dans le processus d’octroie de prêts ont échoué dans leurs missions. Et, la sincérité des différents rapports -si ceux-ci n’évoquent pas les problèmes qui ont conduit au non remboursement des prêts- faits au Chef de l’Etat est remis en cause. La situation suscite plusieurs interrogations. Les différents projets financés étaient-ils bancables ? Si oui n’étaient-ils pas des projets détournés dans le circuit d’étude pour que les fonds soient attribués à des personnes qui ne maitrisent pas tous leurs contours. Si non, le suivi des bénéficiaires a-t-il été effectif pour prévenir un mauvais usage des fonds mis à leur disposition ? Si oui, les différents rapports établis étaient-ils conformes à la réalité du terrain ? Et si les différentes étapes du processus d’attributions du Fonds avaient été scrupuleusement respectées, cela aurait permis d’éviter l’impasse actuelle. Le clientélisme, le népotisme, le favoritisme et la culture des pots de vins qu’avaient dénoncés certains candidats malheureux et des personnes dans le secret des dieux avaient été balayés du revers de la main. Chose dont on ne peut douter désormais. Ces pratiques font partie des raisons qui expliquent la débâcle signalée par les responsables du Fnpeej eux-mêmes. De toutes les façons, la messe est dite. Le ministère de la micro finance et de l’emploi des jeunes et des femmes se trouve dans un dilemme. Il faudra traquer les débiteurs et recouvrer les impayés. Mais cette action ne doit en aucun cas occasionner des dépenses engageant l’argent du contribuable.

Le président de la république, comme pour préparer psychologiquement l’opinion publique à la catastrophe qui s’annonçait, a reconnu que le Fnpeej n’a pas comblé les attentes. Le Fnpeej est donc mort. S’il ne l’est pas il faudra alors le tuer pour qu’il renaisse, comme un sphinx, de ses cendres. Et la ministre de la micro-finance, Réckya Madougou devra confirmer cette image de femme intelligente et compétente qu’elle a depuis toujours servi à l’opinion publique.