La Nouvelle Tribune

Vote de la loi sur la grève : l’opposition exclue du processus

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S’il est vrai qu’il est important de se doter d’une loi sur la grève au Bénin, il est aussi vrai que tous les députés à l’hémicycle qu’ils soient de l’opposition ou de la mouvance doivent participer non seulement aux séances préliminaires mais aussi au vote de cette loi pour son adoption ou non. Mais force est de constater que le président de la république est entrain de mener une politique ségrégationniste peut être parce qu’il détient la majorité parlementaire. Et pour cause, hier au cours de son intervention sur l’émission ‘’zone franche’’ de la chaine de télévision privée canal3 Pascal Todjinou président de la confédération syndicale des travailleurs du Bénin (Cstb) affirme: ‘’… avant de venir ici, j’ai appelé les députés de la mouvance. Ils déclarent avoir reçu le projet de loi sur la corruption. Par contre, ceux de l’opposition disent ne pas avoir reçu un tel projet de loi’’. En considérant cette déclaration du président de la cstb, on peut affirmer sans risque de se tromper que le président développe une politique séparatiste. Cette manière de gouverner ne répond pas aux normes de gouvernance surtout en démocratie. Avoir la majorité parlementaire ne signifie pas qu’il faut marginaliser les députés de l’opposition. Ceci juste pour le fait que d’abord d’un côté, nous ne sommes non seulement pas dans un pays d’union nationale mais aussi parce que tout le monde ne peut rester dans la mouvance. L’autre côté est que dans un parlement, il faut nécessairement la présence de deux camps. C’est-à-dire ceux qui regardent dans la même direction que le régime en place et ceux qui ne partagent pas les mêmes opinions pour assurer l’équilibre et éviter les éventuelles dérives venant de la part de l’exécutif. Cette politique de séparation de la part du gouvernement peut s’expliquer par le fait qu’il veut faire passer une loi sur la grève qui n’arrange pas tout le monde. Et pour ne pas attirer l’attention des gens sur cette idée, il préfère mettre hors jeu les députés de l’opposition afin qu’ils ne puissent pas opposer leurs désaccords sur le vote de la loi bien qu’ils soient en minorités. De toutes les façons, rien ne pourra justifier cette manière de gouvernance fondée sur la séparation et la ségrégation que mène le gouvernement. S’il croit pouvoir bien faire ainsi, il se trompe car comme on le dit souvent, la frustration engendre la montée de la tension sociale.