La Nouvelle Tribune

Révocation du 1er adjoint au maire de Zogbodomey : un bras de fer en vue dans le Zou-Collines

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«Nous l’avons démis de ses fonctions de 1er adjoint au maire de la Commune de Zogbodomey et nous attendons de voir si le préfet va annuler la décision du Conseil communal et va venir l’installer encore dans le bureau». Telle est, entre autres, la réaction du chef de l’exécutif de la commune de Zogbodomey qui s’est confié aux journalistes au lendemain de la déclaration de son autorité de tutelle, Armand Maurice Nouatin.

Invité le week-end dernier de l’émission interactive version originale sur Radio Télévision Carrefour, et répondant aux questions d’un auditeur sur la révocation du 1er adjoint, Hyacinthe Yassinguézo de Zogbodomey, le préfet Armand Maurice Nouatin a déclaré qu’il n’a été ni saisi ni informé de la révocation de l’intéressé. Il est allé plus loin en ajoutant: «on ne destitue pas un 1er adjoint, on le révoque et le Conseil communal n’est pas habilité a révoquer le 1er adjoint». Citant l’article 54 de la loi 97-029 du 15 Janvier 1999 portant organisation des Communes en République du Bénin qui stipule: le maire ou l’adjoint qui commet une faute lourde peut être révoqué de ses fonctions.

La faute lourde est constatée par l’autorité de tutelle qui, après avis du conseil départemental de concertation et de coordination, créé par l’article 16 de la loi 97 028 portant organisation de l’administration territoriale au Bénin, en dresse rapport au ministre de l’administration territoriale. Qui, peut prononcer la suspension du maire ou de l’adjoint et proposer, le cas échéant, la révocation au Conseil des ministres».

En effet, Hyacinthe Yassinguézo s’est vu retirer son fauteuil de 1er adjoint la semaine dernière à la suite d’un conseil extraordinaire sur la demande de la majorité de ses paires qui lui reprochait dans un premier temps l’incompatibilité de ses fonctions de 1er adjoint et de conseiller technique juridique au ministère de la réforme administrative et institutionnelle, son arrogance avec ses paires au sein du conseil et son image ternie après sa détention durant 8 mois à la prison civile de Cotonou dans une affaire d’établissement de faux passeport. Dans la foulée des campagnes pour la présidentielle de 2011, cet ancien militant de la Renaissance du Bénin qui bénéficie aujourd’hui d’une liberté provisoire a rejoint les rangs de la mouvance présidentielle à travers le parti UDD de Zéphirin Kindjanhoundé et fut nommé par décret présidentiel pris en conseil des ministres, conseiller technique juridique de l’ex-ministre Bertrand Sogbossi membre de la même formation politique que le préfet Armand Maurice Nouatin.

Selon le maire David Towèdjè de Zogbodomey, Hyacinthe Yassinguézo devrait démissionner après sa nomination. Sinon juste après sa mise en liberté provisoire dont il continue de bénéficier jusqu’à ce jour parce qu’il a sali son image et à travers lui, l’image de la commune. A en croire le maire David Towèdjè, le préfet a été bien saisi au sujet de la révocation du 1er adjoint à travers deux correspondances. La 1ère correspondance envoyée au préfet a été renvoyée au Conseil communal pour des fautes de forme. Ces fautes de formes ont été corrigées selon les propositions du préfet et la correspondance fut de nouveau adressée au préfet. Cette dernière est restée sans suite plus de deux mois rendant du coup exécutoire la décision du Conseil communal, selon les dispositions légales. Ce qui fut fait et le Conseil communal à l’unanimité a prononcé la révocation de Hyacinthe Yassinguézo. Il a reconnu que le compte rendu de la session de révocation du 1er adjoint n’a pas encore été adressé au préfet et qu’il tient toujours dans le délai légal. Il se dit très étonné des déclarations du préfet. Pour lui, si le préfet brandit aujourd’hui l’article 54 de la loi 97-029 du 15 Janvier 1999 portant organisation des Communes en République du Bénin contre la décision du Conseil communal c’est pour protéger le 1er adjoint qui est de son bord politique. Il dit reconnaître à travers les déclarations du préfet Armand Maurice Nouatin une autorité de tutelle au service de l’Etat pour la protection des personnes de la mouvance présidentielle.

Dans ce feuilleton qui vient de commencer, où chaque camp cherche visiblement à faire passer sa décision, on risque d’assister dans les jours à venir à un bras de fer entre le Conseil communal et l’autorité de tutelle.