La Nouvelle Tribune

A la recherche d’une opposition digne du nom

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L’opposition politique béninoise peine à retrouver ses repères. Pis, l’Union fait la Nation (l’Un), la principale alliance de l’opposition qui a eu le mérite de présenter un candidat unique à la présidentielle de mars dernier se porte de moins en moins bien. Après l’acceptation de la politique de la supposée main tendue du Chef de l’Etat par la ‘’Renaissance du Bénin’’ (Rb), le mouvement politique denommé ‘’Marche’’ de Dansou Dossa et le ‘’Rdl Vovotin’’ de Sévérin Adjovi, c’est le groupe Parlementaire «Un» à l’assemblée nationale qui est menacée de scission. Un autre choc susceptible d’affaiblir davantage une opposition qui ne tenait plus debout. Pourtant, au sortir du conclave des deputés de l’Un, le 29 Juin dernier à Ouidah, l’opinion nationale attendait une renaissance de l’opposition politique béninoise à travers le groupe parlementaire «Un». Cette entité avait promis d’être une opposition solide et objective de contre proposition alternative aux actes du pouvoir en place. Et même s’il n’est pas encore question d’une énième allégeance d’un parti de l’Un au chef de l’Etat, cette probable scission traduit, sans nul doute l’existence de divergences internes profondes. Pourtant, en dépit du «K.O» de Boni Yayi, une partie non négligeable des Béninois ont compté à un moment sur l’Un pour jouer le véritable rôle de parti de l’opposition qui aiderait à freiner un tant soit peu les élans du président dans ses dérives. La quasi dislocation de ce regroupement de partis politiques fait réfléchir et suscite beaucoup de questions quant à l‘avenir politique du pays.

Pour rappel, pendant que beaucoup comptaient voir une opposition organisée, l’un des piliers de l’Un retire ses doigts du symbole même du parti qu’est la jarre trouée. Ceci arrive après plusieurs conférences tenues par les différents présidents des partis appartenant à l’Un qui decident un jour de suspendre la participation de la Renaissance du Bénin (Rb) de toutes ses instances. Ce qui est largement suffisant pour transformer l’union en une désunion. Avec sa «main tendue» le président introduit certains membres de la Rb au gouvernement ; chose très mal digérée par les autres partis de l’Un. On peut donc dire, sans risque de se tromper, que toute l’énergie déployée, toute la verve des périodes pré électorale et électorale ponctuées de meetings politiques organisés et diffusés à l’échelle nationale ne sont donc que de l’eau jetée sur le dos du canard pour paraphraser un adage en langue locale. L’Union fait la Nation ayant servi d’exemple à d’autres peuples dans les pays voisins du Bénin n’a pas pu, hélas, imprimer son développement sur des idéaux politiques solides. Le problème est qu’en l’absence d’une opposition charpentée le gouvernement peut se permettre de faire ce qu’il veut encore qu’il détient la majorité au parlement. L’actuel président avec son nouveau concept de la refondation peut même s’acheter une opposition prête à faire sa volonté. Tant mieux pour lui que l’Union fait la nation fonde comme du beurre au soleil.