La Nouvelle Tribune

Passation de service à la Cour constitutionnelle

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Mme Ouinsou recommande l’indépendance, Me Dossou rassure
La quatrième mandature de la Cour constitutionnelle est définitivement installée  dans ses fonctions. Le dernier rite après la prestation de serment et l’élection du président de l’institution, de son vice-président et du rapporteur intervenue mercredi, s’est donc déroulé hier jeudi dans la cour arrière du siège de l’institution à Cotonou.

Au terme de deux mandats de cinq (05) ans chacun, Mme Conceptia Ouinsou part de la tête de la Cour constitutionnelle, « convaincue que sous la houlette » de son successeur, Me Robert Dossou, « la quatrième mandature de la  Cour accomplira merveilleusement sa mission ». Car, a-t-elle souligné hier jeudi à l’occasion de la cérémonie de passation de service, « les repères sont aujourd’hui fixés et il ne faudrait pas dévier du chemin balisé fait de rigueur, de droiture, de probité, d’intégrité et d’impartialité ». Pour ce faire, elle n’a pas pu résister à la tentation de faire de manière particulière part à son successeur avec qui elle partage plus de trente ans d’amitié, de ces sages paroles tenues par  Monseigneur de Souza, de vénéré mémoire, le 07 juin 1993 lors de l’installation de la première mandature de la Cour constitutionnelle, « les fonctions qui vous sont dévolues sont d’importance capitale pour l’équilibre, la cohésion, la paix et la croissance de notre pays, et pour les assumer dignement et efficacement dans l’esprit de la cohésion nationale, souffrez que je sollicite de vous une impartialité, une objectivité et une grande justice que rien n’altère, ni les sentiments, ni les intérêts personnels ou partisans, car l’esprit de la conférence nationale en instituant la Cour constitutionnelle est d’instaurer un organe apolitique et neutre capable d’assurer le respect et la pérennité de la constitution pour le bonheur et l’épanouissement du peuple béninois …» C’est sur cette invite que Mme Ouinsou a terminé son allocution de passation de service, mentionnant entre autres, qu’au titre des deux mandatures qu’elle a présidées, la Cour constitutionnelle a rendu 1802 décisions avec un effectif de 54 agents dont 33 permanents dont l’amélioration des conditions de vie et de travail, la préoccupe au point qu’elle l’a recommandé au nouveau président qui a pris l’engagement d’en faire une préoccupation.

Les cerbères

Ne supportant plus d’entendre « des ragots a-t-il martelé qui tendent à préjuger d’une inaptitude à la hauteur…, » le président de la quatrième mandature de la Cour constitutionnelle, Me Robert Dossou rappelle son aptitude  et celle de ses six collègues sages à « rester aussi vigilants que leurs prédécesseurs sinon plus » tout en promouvant l’harmonie. L’harmonie qui, souligne-t-il, « ne veut pas dire soumission servile de l’opinion des uns et des autres ».  Ainsi, « nous serons comme dans la mythologie grecque ou romaine, des cerbères qui veilleront sur le temple ».  Pour ce faire, Me Dossou a invité ses pairs à une culture de la mentalité institutionnelle dont l’absence constitue « l’une des grandes insuffisances de notre système démocratique », a-t-il observé. Dans un cours magistral sur les principes d’indépendance et d’inamovibilité des sages, Me Dossou a surtout montré la différence qui devrait exister entre la charge, la fonction et l’individu qui les porte. Pour sa part, il dit avoir suffisamment fait ses preuves en matière d’aptitude à résister à une quelconque soumission à l’opinion d’un tiers et les lois de la République notamment la Constitution du 11 décembre 1990 dont il est l’un des pères prévoient suffisamment de balises. Quant aux autres sages, il dit avoir noté au terme des deux premières rencontres qu’ils ont eues, la même détermination et aptitude.

Ludovic D. Guédénon