La Nouvelle Tribune

Tournée dans les marchés du Bénin : des ministres terrorisent nos «bonnes dames»

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Les ministres du gouvernement sont depuis quelques temps dans les différents marchés du Bénin pour vérifier l’application des prix fixés par le gouvernement des produits de première nécessité. Bien que cette initiative du président ait pour objectif de sensibiliser, certains de ses ministres sur le terrain s’en détournent parfois et vont jusqu’à menacer les femmes de nos marchés.

Du folklore! C’est le mot qu’il faut pour qualifier la descente de certains ministres dans les marchés du Bénin. Démarrée depuis quelques jours, la tournée des ministres, que nous pouvons qualifier de Acte II de la reforme Pvi-nouvelle génération poursuit son cours. Ce qui est marrant et parfois énervant, c’est que certains ministres se découvrent des attributs de justicier pour apeurer les pauvres «bonnes dames». Et pour cause, ils se permettent de menacer ces dernières en leur disant que leurs boutiques seront fermées si, elles ne respectent pas les prix fixés par le gouvernement. S’il est vrai que leur rôle est de vérifier le respect des prix fixés, il n’en demeure pas moins qu’ils n’ont pas le droit de menacer ces dames. Ils peuvent toutefois trouver une autre stratégie pour faire respecter les prix en cas de non respect de ceux-ci. Encore que, si toutes les bonnes dames ne respectent pas les prix fixés, ce n’est nécessairement pas de leur faute. C’est certainement parce qu’elles n’en ont pas le choix. Elles ne peuvent pas vendre leurs produits à un prix qui ne leur convient pas, c’est-à-dire à un prix bas a celui auquel, elles les ont achetés. Après tout, quand on fait du commerce, c’est pour faire des bénéfices et non des pertes. Personne n’est contre les prix fixés par le gouvernement. Au contraire, c’est une décision qui est applaudie par le peuple à cause du soulagement que cela leur apporte. Mais est-ce que les ministres ont pour ordre de proférer des menaces à l’encontre des dames de nos marchés? Encore que la menace n’est pas la meilleure manière pour faire respecter ce décret. Pendant que certains ministres se découvrent le droit de menacer, celui de l’intérieur quant à lui joue au comédien. Au cours de l’une de ses descentes dans un marché du pays, il se penche sur un étalage de gari et demande à la propriétaire de l’étalage si le gari qui est en sachet fait effectivement 1 kilo, avec un air comique devant sa délégation ministérielle. On constate par là qu’en plus d’être comique, il s’écarte de la mission pour laquelle il est allé dans ce marché. Ce qui est dommage.

Absent du front de la sécurité

Si l’idée d’informer les populations sur la décision du gouvernement quant aux prix applicables aux produits de premières nécessité a toutes sa raison d’être, la méthode choisie par le gouvernement de le faire respecter n’est pas forcement la meilleure. Et pour cause, pendant que le ministre de l’intérieur s’occupe à accomplir cette mission, l’insécurité dicte de plus en plus sa loi à Cotonou. Dans la nuit de mardi dernier, il y a eu un échange de coups de feu entre les hommes en uniforme et les malfrats au quartier Sikècodji. Au lieu de jouer le rôle qui lui incombe, Benoit Dègla passe tout son temps à voltiger de marché en marché pour un travail qui relève du ressort des ministères de l’économie et des finances et celui commerce. S’il pouvait mettre son énergie au service de la sécurité des Béninois, cela permettrait de réduire l’insécurité de plus en plus grandissante dans le pays. Le ministre de l’intérieur n’a donc pas sa place dans les marchés. Il semble oublier qu’il doit s’occuper de la quiétude des Béninois en assurant leur sécurité.