La Nouvelle Tribune

Nomination de secrétaires généraux de ministères : Yayi suscite de nouvelles grèves aux finances

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«Nous allons déclencher de nouvelles grèves au ministère des finances », a répondu Bouraïma Malèhossou secrétaire général du syndicat des travailleurs de l’administration centrale des finances (syntracef), aux journalistes qui ont voulu savoir par quel moyen les inspecteurs des finances pourront ébranler le gouvernement au cas où il ferait la sourde oreille au message de la présente conférence de presse. Le collège des inspecteurs des finances organisait, mercredi, dernier une rencontre avec les médias pour dénoncer une décision du conseil des ministres du 15 juin 2011 relative à la nomination d’inspecteurs généraux de ministères dans tous les ministères y compris celui en charge de l’économie et des finances. La décision viole, selon l’inspecteur général des finances Fernand Kinzo, les textes de base régissant le contrôle interne dans le domaine des finances publiques au Bénin. Indignés et au regard du préjudice que cette décision fait à la caisse nationale et aux carrières des inspecteurs des finances, le syntracef a dû porter l’information à l’intention du public afin que le gouvernement revienne sur sa décision. Mais tel qu’on connaît Boni Yayi, il peut rester insensible à cette grogne qui tient naturellement lieu d’avertissement jusqu’à déclenchement de nouveau débrayage. Il en est coutumier. A titre d’exemple, en avril 2011 à l’issue des négociations gouvernement et partenaires sociaux, il a été conclu qu’au bout de trois mois, l’accord des 1,25 point d’indice fait aux travailleurs du ministère des finances soit élargi aux agents des autres soit élargi aux agents des autres secteurs. Quatre mois plus tard, il a fallu le déclenchement de grève générale afin que le gouvernement entende de nouveau. Dans un autre cas, celui des agents de santé, concernant la prime de risque, il a fallu que les syndicats du secteur aillent en grève avant que celui-ci ne rouvre ses oreilles. Or, de longues manifestations d’avertissement ont été menées et pendant plusieurs mois d’ailleurs. En bref, il faut dire que malgré que la grogne des inspecteurs des finances soit légitime, il n’est pas évident que l’équipe de Yayi se saisisse sitôt du dossier. Or, si le gouvernement se saisit tôt de ce dossier, il pourra prendre la situation en main et la gérer au mieux. Mais dans le cas contraire et comme cela a toujours été le cas, c’est le peuple qui perd.