La Nouvelle Tribune

Après les dernières accusations du Chef de l’Etat : les douaniers préparent la riposte

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(Réunion importante du Sydop ce jour) Profitant de la réception de l’équipe de football du palais de la présidence de la République qui a remporté le tournoi des institutions, le Chef de l’Etat a glissé sur la corde raide du dossier à polémique dit du «Programme de vérification des importations», (Pvi-nouvelle génération). Après avoir montré la volonté de conduire cette reforme jusqu’au bout, il s’en est pris aux douaniers qu’il accuse de gagner indûment de l’argent au nom de l’Etat.

Après les transitaires mandataires, les enleveurs et autres acteurs portuaires qui ont réagi par rapport au Pvi, les douaniers risquent d’entrer dans la danse. Pas pour contester, en tout cas pour l’instant, sa mise en œuvre mais pour réagir à la dernière déclaration du Chef de l’Etat sur le sujet. En effet le mercredi 10 août dernier, le président Boni Yayi s’en est pris vertement aux douaniers. «Tout ce qui va dans les poches de ces douaniers là indûment doit revenir à l’Etat», a-t-il menacé. Cette déclaration identifie les disciplines de St Mathieu comme les responsables de la crise financière que connaît actuellement notre pays et ceux contre qui cette reforme est orientée. Blessés dans leur amour-propre et ainsi livrés à la vindicte de l’opinion comme étant des prévaricateurs qui s’ignorent, nos douaniers ont décidé de réagir. Ainsi, le vendredi dernier, le Sydob (Syndicat des Douanes béninoises) a convoqué une réunion de crise. Pendant des heures, les douaniers ont réfléchi sur la forme que prendra cette réplique. Aujourd’hui encore, ils se voient à quelques encablures du bureau du contentieux pour harmoniser leurs points de vue, affermir leur position et répondre en règle au Chef de l’Etat. Selon toute vraisemblance, cette réunion devrait déboucher sur une motion de grève ou de protestation. Tout au moins un communiqué sera rendu public pour aller contre les déclarations du Chef de l’Etat. «Nous ne nous retrouvons pas dans ce que le Chef de l’Etat a dit. Nous travaillons avec le gouvernement. C’est le gouvernement qui fixe les quotas que lesquels nous travaillons toujours à atteindre. Ce n’est pas nous qui fixons les quotas. Qu’avons-nous fait de mal», s’est offusqué un douanier qui a requis l’anonymat.