La Nouvelle Tribune

Dernières négociations gouvernement/syndicats : «Il n’y a ni vainqueur, ni vaincu, c’est le pays qui a gagné»

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(Dixit Dieudonné Lokossou, Sg Csa-Bénin) «Dire que les syndicats ont un pouvoir exorbitant du fait qu’ils ont su résister aux menaces du gouvernement pendant les derniers mouvements de grève, est exagéré» a affirmé Dieudonné Lokossou, Secrétaire général de la Confédération des syndicats autonomes (Csa-Bénin). C’était à propos de la dernière crise qui a secoué les relations entre les travailleurs d’Etat et le gouvernement. En effet, poursuit-il, les syndicats sont respectueux des textes. «Le mouvement syndical est régi par des lois et nos actions se situent dans les limites de ce qu’elles prévoient», ajoute Lokossou. Plusieurs semaines durant, les syndicats réunis au sein de la Coalition des organisations syndicales de l’administration publique (Cosynap) ont observé des mouvements de grève, revendiquant entre autres, 25% d’indexation sur salaire. «Non ! Les négociations ne sont pas suspensives de la grève. On peut être en négociation et continuer la grève», souligne le secrétaire général de la Csa-Bénin. Pour en arriver à la fronde sociale, il faut énoncer un motif non satisfait par l’employeur. Et, c’est sur cette base qu’on déclenche une grève. Mais lorsque les militants à la base sont suffisamment mobilisés, il faut avoir beaucoup de garanties avant d’arrêter la grève ; sinon, continue d’expliquer Lokossou, les négociations peuvent échouer ou alors le gouvernement peut réussir à «vous plaquer» Le seul moyen pour les travailleurs de remporter les négociations était de maintenir la pression et cela à travers la grève, à le croire.

Cette longue grève n’a fait que perdre du temps à l’Etat. Et pour éviter de pareilles situations à l’avenir, le gouvernement doit anticiper sur les événements, selon le Sg/csa. «Il ne doit plus attendre le déclenchement des hostilités avant d’ouvrir les séances de négociation», préconise-t-il. «Et pour que cela soit ainsi, le Chef de l’Etat doit désormais considérer les vertus du dialogue social qui constitue le socle des relations liant employeur central et partenaires sociaux».

Les négociations du mois de juillet sont terminées. Les résolutions ont été signées. «Mais, il n’y a pas de vainqueur ni de vaincu. C’est le pays qui a gagné. Ce qu’on peut en dire, c’est que désormais, le gouvernement apprenne à anticiper sur les évènements car les travailleurs ont leur place dans le développement du pays», a conclu le Dieudonné Lokossou.