La Nouvelle Tribune

Yayi interpellé par le serment du 06 avril 2006!

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Maintenant que les manifestations relatives à l’opposition des élus et militants Fcbe à l’installation de certains conseils communaux dégénèrent au point de causer un mort et plusieurs blessés, la responsabilité du père de la Nation, le président Boni Yayi est davantage engagée.

 Car par son serment du 06 avril 2006, alors nouveau président de la République élu, Boni Yayi s’est engagé à entre autres, garantir la cohésion et l’unité nationale. Alors que le président de la République, de retour d’une visite d’Etat et de travail au Koweit, était en avion pour Cotonou, des militants du groupe Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) étaient aux prises avec leurs frères du Parti du renouveau démocratique (Prd) dans la commune d’Avrankou dans le département de l’Ouémé. Le bilan provisoire à en croire les premières supputations fait état d’un mort, plusieurs blessés et d’importants dégâts matériels. Ce revirement meurtrier enregistré hier mardi à Avrankou dans les manifestations de contestations des résultats des élections municipales, communales et locales des 20 avril et 1er mai derniers interpellent au premier chef, le président de la République et certains membres de son gouvernement. Mais aussi les prétendus leaders politiques sans distinction de bord se réclamant de cette commune. La responsabilité du président de la République qui fort heureusement est rentré le soir même du drame de son voyage est plutôt doublement engagée. D’abord en tant que président de la République puis leader charismatique du groupe politique contestataire des résultats des élections. Grand patron des préfets des départements et chef suprême des armées, il a le pouvoir de faire installer de manière régulière les conseils communaux sur toute l’étendue du territoire national tels que proclamés par la Commission électorale nationale autonome (Cena) en attendant la délibération par la Cour suprême des recours dont se prévalent ses partisans pour empêcher l’installation de certains conseils communaux. Puis chef de la majorité présidentielle dont le groupe Fcbe constitue le principal instrument politique, il a donc et mieux que quelque autre institution de la République, le pouvoir de discipliner la troupe des contestataires soutenus par endroit, par des membres de son gouvernement, nommés entre temps coordonnateurs pour la compagne électorale du groupe Fcbe  dans leur région natale respective et par des députés et autres grandes personnalités se réclamant de sa majorité primaire. Ces derniers seraient à la base des soulèvements observés à Avrankou, Sèmè-Kpodji, Zè, Abomey-Calavi et ailleurs depuis le mardi 20 mai 2008 où la Cena a rendu publics les résultats définitifs des élections municipales, communales et locales des 20 avril et 1er mai.  Quant aux leaders politiques d’autres bords peut-être visés par les contestations soulevées par les Fcbe, ne se devraient-ils pas de s’investir dans la sensibilisation des populations afin qu’elles ne tombent pas dans la manipulation ? Le pire est donc survenu et il va falloir enfin que le chef de l’Etat se mette au dessus de la mêlée et prenne ses responsabilités d’homme d’Etat élu pour un mandat de cinq (05) ans par tout le peuple béninois et pour tout le peuple béninois sans discrimination.

 
Ludovic D. Guédénon