La Nouvelle Tribune

Fermeture de centre de formation: la réaction du gouvernement toujours attendue

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(Eviter le cas de Jean-Marc Adjovi Boko) Six jours déjà que la nouvelle de la fermeture du Centre de formation de référence dans la sous région est tombée. Mais elle n’a suscité aucune réaction de la part des autorités. Le public sportif s’inquiète.

«…Ma priorité est la formation,… ». Quelques jours seulement après le show médiatique du Ministre de la Jeunesse, des Sports et des Loisirs, le Centre International de football Ajavon Sébastien (Cifas-Bénin), un centre de formation des jeunes a mis la clé sous le paillasson. Et depuis, aucune réaction de l’autorité de tutelle. Pourtant cette décision vient accentuer la crise au sein du sport roi qui, telle une sérénade n’a cessé d’étaler, depuis sept (7) mois, ses différents couplets. Pour les amoureux du cuir rond, la situation est trop grave pour que le gouvernement ne jure que sur silence. Ce centre de formation « sport et étude » compte environ plus d’une centaine de pensionnaires, d’encadreurs, de staff médical et d’enseignants. Il faut y ajouter les agents qui entretiennent les infrastructures sportives. C’est donc non seulement les rêves des jeunes « pousses » qui se trouvent ainsi brisés mais aussi la suppression des emplois à cause de la mauvaise foi des individus sans fierté qui ne pensent qu’à leurs intérêts égoïstes. Ils ont passé tout leur temps à faire du faux qu’ils ne voient leur avenir que dans l’informel. Marius Dadjo, l’un des acteurs importants du football béninois, sur une chaine de la place, a déclaré que « le gouvernement doit faire quelque chose sinon il ne s’occupe pas de la jeunesse… ». L’avenir des jeunes pensionnaires et les employés de ce centre doit interpeler le gouvernement à plus d’un titre. D’abord parce que le Bénin est un Etat de droit et les Béninois ne comprennent pas comment une entreprise peut fermer ses portes surtout que parmi les raisons évoquées, il n’a pas été question de faillite. Le promoteur du Cifas est un homme averti du monde des affaires donc, avant de créer le centre il a mesuré tous les contours et les risques qu’il prenait. Il a sondé l’environnement et savait que les structures en place n’étaient pas favorables. Il a surpris tous les férus de football en soutenant l’actuel président de la fédération de football lors de l’assemblée générale élective d’août 2009. S’il dit aujourd’hui qu’il pensait changer les choses, on peut bien le comprendre mais fermer le centre, le gouvernement doit se rapprocher de lui pour l’entendre de vive voix ce qui l’a poussé à agir de la sorte. Des sources proches du promoteur, cette décision n’a pas été un coup de tête. Alors, cela dénote d’un profond malaise au sein de la grande famille sportive en général et du cuir rond en particulier.

Eviter le cas Jean Marc Adjovi Boko

Le gouvernement est aussi attendu sur les mesures qu’il va prendre pour protéger les rares opérateurs économiques qui ont le courage d’investir dans le Sport. La manière et les différentes réformes concrètes pour assainir l’environnement du football et les autres sports vont déterminer l’avenir du sponsoring du sport au Bénin. Les amoureux du football béninois se souviennent encore des malheurs du compatriote Jean-Marc Adjovi Boko qui voulait ouvrir un centre de formation au Bénin. Il a dû aller au Sénégal pour installer le centre «Diamba» qui fait déjà la fierté des Sénégalais. Si le centre d’Ajavon ne rouvre pas ses portes, la chance que le Bénin puisse trouver des opérateurs économiques pour l’accompagner dans ses réformes annoncées pour les Sports sera quasiment inexistante, déjà que les fédérations ont du mal trouvé de sponsors pour des championnats. Il faut donc que l’Etat prenne ses responsabilités pour protéger ceux qui mettent leur énergie, leur disponibilité et leur argent dans le Sport et au-delà de tout, fouetter le côté patriotique du promoteur du Cifas-Bénin pour la satisfaction du Bénin sportif et des gamins qui nourrissent le rêve d’inscrire leurs noms dans les annales du football national et international.