La Nouvelle Tribune

Négociations Gouvernement/Syndicats : une rencontre décisive ce jour à l’Infosec

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Après la toute première tenue mardi dernier, la nouvelle rencontre prévue ce vendredi entre le gouvernement et les centrales syndicales sera d’une importance capitale, selon plusieurs sources. D’aucuns prédisent déjà qu’elle sonnera le glas de la grève actuellement en cours dans l’administration publique.

Tous attendent vivement les conclusions de la rencontre de ce jour. Elle est annoncée pour être celle de la dernière chance, dont l’aboutissement heureux mettrait fin très rapidement au débrayage en cours dans l’administration publique. Des sources proches de la Coalition des organisations syndicales de l’administration publique (Cosynap) rapportent, que de leur côté, tout est fin prêt, quant aux propositions à faire au gouvernement, selon la demande faite mardi dernier par le premier ministre, Pascal Koupaki. Au nombre de celles-ci, la Cosynap préconise, entre autres, au gouvernement, de réinstaurer ce coefficient de 1,25 de traitement indiciaire aux agents du ministère de l’économie et des finances ; quitte à l’étendre progressivement à tous les autres travailleurs de l’Etat. Comme l’ont exigé également, les secrétaires généraux des centrales et confédérations syndicales, le décret abrogé par le gouvernement devrait être repris de nouveau. Et précision de taille, il doit mentionner clairement que la mesure de 1,25 sera généralisée sans discrimination à tous les agents de l’Etat. Une généralis qui devrait être effective au bout de deux ans, exige aussi la Cosynap.

Mais en réalité, ce ne sont pas des propositions nouvelles, puisqu’elles étaient exactement celles retenues dans l’accord intervenu le 20 Avril dernier entre le gouvernement et les centrales syndicales. En tout cas, la concertation de ce vendredi sera capitale dans la crise qui secoue depuis bientôt deux mois l’administration publique. Une crise qui s’est endurcie depuis mardi avec la nouvelle entrée en grève des agents du Ministère de l’économie et des finances. Les signaux des finances publiques sont actuellement au rouge, et les craintes d’un retard probable des salaires du mois de juillet aux fonctionnaires de l’Etat, récemment confirmées par l’argentier national, font craindre désormais le pire. Tous les regards sont donc tournés vers la salle de conférence de l’Infosec qui sert de cadre à cette rencontre depuis bien longtemps.

Et si les deux parties s’entendaient enfin!

La grève dans l’administration publique semble durer un peu trop déjà. Les effets commencent par être durement ressentis dans le pays. Les usagers de l’administration publique deviennent de plus en plus inconsolables face au blocage continuel de leurs divers dossiers en cours de traitement. Des voies s’élèvent davantage pour appeler les uns et les autres au calme. Des acteurs de la société civile s’inquiètent au fil des jours et ne manquent plus d’occasion pour appeler à l’arrêt des hostilités. Martin Assogba de l’Ong Alcrer, et Grégoire Glowé, de Adeaspo-Bénin et autres pensent qu’il est temps que le gouvernement et les syndicalistes en grève s’entendent enfin. «Le prolongation de cette grève est un mauvais signe pour les recettes nationales» alerte Glowé. Il faut reconnaître que malgré la légitimité des revendications, la grève pour la grève n’apportera rien de plus à la situation décriée par les agents. Il n’y a que la négociation entre les deux parties qui peut accoucher d’un accord sérieux. Les travailleurs devraient faire un sursaut patriotique et daigner reconnaître officiellement que le débrayage effréné n’est pas la solution. C’est de la même manière que des voix se sont prononcées pour demander au Chef de l’Etat de ne plus continuer à proférer des menaces aux travailleurs. Vivement donc, qu’à l’issue de la rencontre de ce jour entre le gouvernement et les centrales syndicales, les deux camps en arrivent vraiment à aplanir leurs divergences et à trouver des solutions susceptibles de ramener la stabilité tant espérée depuis quelques semaines au niveau de l’administration publique béninoise.
Marius Kpoguè