La Nouvelle Tribune

Pour une décrispation de la crise sociale: Yayi fait recours aux têtes couronnées

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Le ministre des cultes, Benoît Degla, était l’émissaire du gouvernement auprès de têtes couronnées pour solliciter leurs interventions dans la gestion de la crise sociale. Ceci n’est pas une première pour qui connait l’histoire de la République du Bénin. Cependant, ce qui retient l’attention ici, est bien le fait que depuis l’avènement du régime du changement, les garants de la chose culturelle ne manquent aucune occasion pour poser des actes de parti pris. Au cours du premier quinquennat de Boni Yayi, des rois ont marché pour soutenir les actions du chef de l’Etat. Les palais royaux étaient divisés à cause des divergences de point de vue politique. Nos sages semblent renoués avec la méthode. Sinon, comment comprendre que juste à la sortie de la rencontre avec le ministre, les rois intiment aux travailleurs, l’ordre de reprendre le travail et d’aller à la table des négociateurs. En temps opportun, les sages de la République devraient écouter les responsables syndicaux et conduire les deux parties au règlement du contentieux administratif. On croirait à raison que le ministre leur a communiqué de la part de son chef, l’ordre de dénoncer ces mouvements de grèves et à la suite de Boni Yayi, demander l’arrêt de ces mouvements. Nos têtes couronnées peuvent mieux faire. Tout de même prendre exemple sur feu monseigneur Isidore de Souza, cheville ouvrière de la conférence de forces vives de la Nation de février 1990. Il s’agit sans doute de montrer à travers les têtes couronnées, que la grève est illégitime en exhibant leur désapprobation. Lorsque la refondation s’entend comme une revalorisation de nos valeurs morales et éthiques, il est regrettable que les têtes couronnées soient objets de manipulation. Les rois du Bénin et les responsables à divers niveaux des cultes ont sûrement leur rôle à jouer dans l’apaisement de la fronde sociale.