La Nouvelle Tribune

Après la victoire commune sur les ambitions du chef de l’Etat

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Les Soglo règnent sans leurs alliés à Cotonou
Avec les vingt huit (28) conseillers qu’il a obtenu au sein du conseil municipal de Cotonou grâce à une alliance de fait intervenue à la veille des consultations, le parti La Renaissance du Bénin (Rb) a réussi à s’offrir un règne sans partage à la tête de la municipalité.

Beaucoup espéraient voir s’opérer à Cotonou un véritable jeu démocratique  au point qu’ils ne croient encore que le maire de la ville et ses trois adjoints proviennent exclusivement du parti La Renaissance du Bénin (Rb). Et pourtant, c’est  ce qui s’est opéré mardi dernier à l’hôtel de ville de Cotonou. Nicéphore D. Soglo, président d’honneur du parti, maire, son fils aîné Léhady V. Soglo, le premier adjoint et deux autres militants du même parti, tous des hommes, élus deuxième et troisième adjoints. Il s’ouvre donc pour cette famille politique, le boulevard d’un nouveau règne de cinq (05) ans sans partage  à la tête de la plus importante ville du Bénin, la capitale économique. Du coup, l’on s’interroge au regard de certains événements qu’il y a eu avant les élections communales, municipales  et locales des 20 avril et 1er mai derniers. Mais aussi en tenant compte des discours tenus personnellement, au nom de sa formation politique ou au nom de la pseudo alliance G4 par le président maire Soglo sur la conception de l’exercice d’un pouvoir politique dans un système démocratique. Alors, la Rb aurait-elle pu, seule, résister à la farouche détermination du chef de l’Etat et des siens de la dessaisir du contrôle de la majorité des sièges au sein  du conseil municipal de Cotonou ? La Rb réussirait-elle à faire élire à elle seule, vingt huit (28) conseillers à Cotonou, si ensemble avec ses alliés du G4, ils n’avaient pas agité et corrompu l’opinion avec les intentions présumées du régime Yayi de contrôler tous les organes politiques du pays ? Que dirait le maire Soglo à ses administrés si ce pseudo débat national,  improvisé à la veille des élections avec les alliés dont le Parti du renouveau démocratique (Prd) n’était pas venu prendre la place du débat sur son bilan à la tête de la ville ?  Pour l’avoir donc vu et entendu longuement défendre l’idée de partage de tout pouvoir politique, beaucoup d’observateurs sont surpris qu’avec ses douze conseillers, le Prd ne soit pas associé à la gestion de la ville et ne se contente à terme que de deux postes de chef d’arrondissement. En politique, les jeux ne se font que sur la base d’un  rapport de force rappelleront à raison certains habitués de la chose politique mais il n’en demeure pas moins qu’il était nécessaire pour la crédibilité du G4 et du combat mené ensemble à la face du peuple par ces alliés de « fortune », un compromis soit trouvé pour une association plus intime du Prd, un allié à la gestion de la victoire « commune ». 

Ludovic D. Guédénon