La Nouvelle Tribune

S’immixer pour déstabiliser, la nouvelle stratégie de Yayi:

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Bénin - Le régime de la refondation est décidé à user de tous les moyens pour arriver à bout des syndicats. Après l’arme de la défalcation et celle de la radiation collective, le pouvoir veut fouiller dans la poubelle des organisations syndicales à des fins d’affaiblissement.

L’on n’a point besoin d’être un analyste éclairé ou un détracteur du régime de la refondation pour percevoir non seulement l’intention camouflée derrière cette idée mais énième méthode bancale de Boni Yayi et les siens dans la gestion du bras de fer gouvernement-syndicats. Et les responsables des différentes organisations syndicales en parcourant ces lignes n’iront pas du dos de la cuillère pour dénoncer une autre violation des libertés syndicales par le régime de la refondation, considérant comme une immixtion du gouvernement dans leurs affaires internes. La stratégie du pouvoir est sans doute de déstabiliser des mouvements qui lui font «broyer du noir», en se basant sur ses propres erreurs. Il est clair qu’il s’agit pour le pouvoir de remettre en cause l’autorité des actuels dirigeants de ces organisations, les décrédibiliser aux yeux de l’opinion et des syndiqués. Cela aura, sans doute, pour effet un affaiblissement desdits mouvements. Le plus déplorable dans cette histoire, c’est l’ingérence coupable du gouvernement dans les affaires internes aux syndicats qui, à priori, constituent un maillon clé de la société civile. Donc, un contre pouvoir. Que le statut juridique des organisations syndicales intéresse le gouvernement, c’est peut être compréhensible, mais qu’il en fasse une préoccupation cela devient inquiétant. Dans le cas échéant, Il ne faudrait pas donner tort à ceux qui parleront de violation des principes démocratiques. Si les syndiqués eux-mêmes donnent mandat à des retraités –comme c’est le cas dans d’autres pays- pour gérer leurs organisations et ne remettent pas en cause leur durée à la tête desdites organisations, alors le débat que veut susciter le gouvernement est inopportun. Il revient aux différentes composantes de la société civile de débattre de part elles-mêmes les problèmes liés à leur organisation interne. Boni Yayi a nommé dans ce pays et à la tête d’importantes administration, comme celle de la douane un retraité. En son temps, les dénonciations n’y ont rien fait. La volonté du chef de l’Etat de nettoyer les écuries d’Augias du monde syndical aurait été mieux accueillie en d’autres circonstances.

Extrait du conseil des ministres du 14 Juillet

Des rapports présentés par les ministres, le Conseil des ministres a noté que (…) 2- d’importants dysfonctionnements minent la bonne gouvernance des organisations syndicales. Ces dysfonctionnements se traduisent par le fait que: • la plupart des centrales et confédérations ou des organisations syndicales de base ne disposent pas de textes fondamentaux (statuts, règlement intérieur, etc.) au mépris des dispositions de la convention 87 de l’Organisation internationale du travail sur les libertés syndicales (…)• les syndicats, au cas où ils en disposent, ne respectent pas les textes dont ils se sont eux-mêmes dotés et ne renouvellent pas leurs instances dirigeantes dont les mandats sont arrivés à terme depuis plusieurs années».