La Nouvelle Tribune

Quatrième mandature de la Cour constitutionnelle

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L’élection du président sous contrôle de Yayi
(*Mobilisation suspecte autour de Mme Yimbéré Dansou)
Au-delà des supputations et autres actions de communication mettant tel ou tel nouveau membre de la Cour constitutionnelle en pôle position pour l’élection prochaine du président de la haute juridiction, le chef de l’Etat, le président Boni Yayi reste l’homme aux mains de qui toutes les cartes sont concentrées. Et pour cause !

{mosimage}Des sept sages de la quatrième mandature de la Cour constitutionnelle installés samedi dernier, cinq semblent être difficilement libre de leur choix dans le cadre de l’élection du président de l’institution. Il s’agit de personnes dont l’origine et le contexte de la désignation permettent de penser qu’il leur sera difficile voire impossible de passer outre les éventuelles consignes de vote du chef de l’Etat. Jusqu’ici membre du gouvernement, Mme Clémence Yimbéré  Dansou même sous son manteau de magistrat de haut niveau ou sous le sceaux du  serment prêté, peut-elle véritablement se soustraire d’une consigne donnée par le chef de l’Etat dans le cadre de l’élection du successeur de Mme Conceptia Ouinsou ? Pourra-t-elle résister au devoir de reconnaissance face à celui là qui déjà l’a sortie de l’anonymat de ses précédentes fonctions à la Cour suprême et maintenant de son rôle éprouvant de « mère Thérésa » actuelle du Bénin ? Que dire de la deuxième femme du groupe, Mme Marcelline Claire Gbèha Epse Afouda, précédemment secrétaire générale de l’institution qui grâce toujours à la bonté et au discernement du même président de la République devient patron dans cette maison où elle avait naguère un statut moins disant. Le troisième magistrat de haut niveau, Bernard Dossou Dégboé, déjà très dévoué à son poste de directeur de cabinet du ministère du Travail et de la Fonction publique au point de se faire maintenir à ce poste malgré le changement de régime, donne quant à lui encore moins de garantie par rapport à quiconque sur le plan d’un respect scrupuleux des consignes de vote que pourrait donner le chef de l’Etat. Puis qui des deux sages désignés au titre des personnalités de grande réputation professionnelle, Zimé Yarou Kora ou Robert Tagnon,  peut-il bouder le plaisir d’un retour de l’ascenseur à celui et au régime grâce à qui ils sortent alors qu’ils l’espéraient à peine, de la monotonie de la retraite. L’un d’eux avait même déjà commencé par aider le chef de l’Etat et la mouvance dans la mobilisation d’électeurs dans sa vallée natale de l’Ouémé. Face donc à ce bloc primaire de cinq sages plus enclins au respect des consignes de vote du président de la République, il y a le groupe des deux juristes de haut niveau,  Me Robert Dossou et le professeur Théodore Holo qui nourrissent  tous selon des indiscrétions, le vœux secret de briguer le prestigieux poste de président de la Cour constitutionnelle au titre de la quatrième mandature. A moins donc de recevoir l’onction du chef de l’Etat, aucune de ces deux candidatures probables bien que légitimes et de grande facture, ne présente malheureusement la moindre chance.

Mobilisation suspecte autour de Mme Yimbéré Dansou

Ce qui n’est peut-être qu’une coïncidence est perçu au sein de l’opinion comme les premiers moyens de campagne autour de la candidature probable de Mme Clémence Yimbéré Dansou au poste de prochain président de la Cour constitutionnelle. Il s’agit de la visibilité subite dont font l’objet depuis quelques jours, les réalisations présumées du prochainement ex-ministre de la Famille sur les médias audiovisuels. Rapprochées de certaines indiscrétions qui s’étaient échappées de milieux proches du palais de la Marina au lendemain des désignations des membres de la nouvelle Cour constitutionnelle, ces actions subites de communication présagent bien du soutien dont pourrait bénéficier au plus haut niveau la candidature de Mme Yimbéré si elle arrivait à surgir comme l’aurait d’ailleurs prévu un plan secret du chef de l’Etat. Dans ledit plan, il aurait été prévu que ce soient les deux dames qui président solidairement aux destinées de la quatrième mandature de la Haute juridiction donnant la possibilité à l’un des deux juristes de haut niveau, Me Robert Dossou ou le professeur Théodore Holo de présider éventuellement la Haute cour de justice (Hcj). La proposition de faire élire la deuxième femme au poste de vice-président procèderait de son expérience présumée au sein de l’institution pour le rôle qu’elle y a joué pendant plusieurs années.

Ludovic D. Guédénon