La Nouvelle Tribune

Menaces du gouvernement : les dénonciations et mises en garde des centrales

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(Elles organisent un géant meeting demain) Face à la presse ce vendredi, les secrétaires généraux des centrales et confédérations syndicales du Bénin, ont vivement dénoncé les récentes menaces du gouvernement de Boni Yayi contre les agents en grève dans l’administration publique. Ils n’ont pas manqué de désapprouver aussi la sollicitation faite au haut commandement militaire dans la résolution de la crise.

«Il est essentiel à l’ère du syndicalisme de mouvement social, d’accorder désormais une attention particulière au droit au développement, les droits civils et politiques sont indissociables des droits économiques, sociaux et culturels, tant dans leur conception que dans leur universalité, et que la satisfaction des droits économiques, sociaux et culturels garantit la jouissance des droits civils et politiques ». Dieu Donné Lokossou, secrétaire général de la Csa-Bénin, a été désigné pour lire, face aux médias, ce vendredi à la Bourse du travail, la déclaration des centrales et confédérations syndicales sur la crise sociale en cours dans le pays. Une déclaration pour le moins cinglante, après le récent appel fait par le Chef de l’Etat aux forces armées pour l’aider à régler la situation. «Nous dénonçons la militarisation du pouvoir, en tout cas l’utilisation des troupes armées dont le rôle fondamental reste avant tout, la défense du territoire et la sécurité des biens et des personnes, et non, dans le règlement des conflits de travail» martèlent les centrales syndicales. Leur position par rapport à l’abrogation du décret n°211-335 est également claire. Dieudonné Lokossou et ses autres collègues, dont Gaston Azoua, Pascal Todjinou, sont contre et réitèrent leur exigence de la revalorisation pour compter de janvier 2011, à 1,25 des traitements indiciaires des personnels du Ministère de l’économie et des finances, et celle de l’extension progressive de la mesure à tous les autres personnels de l’administration publique. Ils rappellent à cet effet que c’était au cours de la session extraordinaire de la Commission nationale permanente de concertation et de négociations collectives gouvernement/centrales et confédérations syndicales que ces accords ont été conclus. Un comité bipartite devrait même être mis en place en vue de déterminer les modalités à base desquelles, l’extension de la mesure de revalorisation en faveur des autres ministères serait faite. Grand sera leur étonnement, les croire, quand le décret alors pris par le gouvernement sera pris sans mentionner que la mesure sera étendue aux autres. Le pire dans cette affaire, fustigent les syndicalistes, est que la Cour constitutionnelle viendra enfoncer le clou en déclarant anticonstitutionnel ce coefficient de revalorisation accordé aux agents du Mef ; amenant derechef le gouvernement à abroger son décret, sans au préalable se référer à ses partenaires sociaux.

«Nous invitons tous les travailleurs béninois à une plus grande mobilisation pour faire échec à la dérive dictatoriale du régime de Yayi Boni. Et nous prenons l’opinion nationale et internationale à témoins pour les désagréments qui découleraient des velléités attentatoires aux droits des travailleuses et travailleurs, notamment, les droits fondamentaux humains, les libertés publiques, la dignité de la personne humaine, la justice sociale et la démocratie» alertent par ailleurs les centrales et confédérations syndicales dans leur déclaration du vendredi dernier. Elles organisent demain mardi un meeting géant à la Bourse du travail sur les mêmes questions.