La Nouvelle Tribune

Implication des forces armées dans la gestion de la grève : Boni Yayi veut pousser l’armée à la dérive

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Depuis l’éclatement de la tension sociale, le Chef de l’Etat n’a pas encore pris ses responsabilités et veut les prendre à partir de lundi prochain. C’est ce qui justifie la rencontre qu’il a eue mardi dernier avec le haut commandement militaire. L’homme, dans un ton menaçant, a exprimé sa volonté de sévir en vue de mettre fin aux grèves des travailleurs de l’administration publique. Cette nouvelle stratégie de Yayi, à l’analyse met à mal la démocratie béninoise. Dans l’incapacité de trouver des solutions consensuelles à une crise sociale sans cesse persistante, le Chef de l’Etat a encore fait l’option de menacer et d’intimider les travailleurs qu’il traite d’irresponsables des irresponsables. Cette méthode d’intimidation de Yayi ne date pas d’aujourd’hui. Elle avait pourtant brillé par son échec dans un passé récent où les grévistes ne sont pas allés par quatre chemins pour désavouer son autorité. La presse locale en avait fait également son chou gras et à accuser «l’intrus» de ne toujours pas connaitre la maison après cinq années de gestion du pouvoir d’Etat vu que les mêmes erreurs lui sont tout temps reprochées.

En effet, pour ne pas extrapoler les clauses internationales, le premier magistrat a décidé d’accorder une part importante aux forces de sécurité publique pour l’aider à avoir une mainmise sur la tension sociale. Les induisant en erreur sans le savoir, car le rôle régalien des forces de sécurité publique, on le rappelle est d’assurer la sécurité des personnes et des biens et non de réprimer les travailleurs qui ne se seraient pas conformer aux ordres du chef de l’Etat. Boni Yayi en choisissant cette méthode ne fera que scier la branche sur la quelle il est assis car l’administration qui est le levier de toute politique de développement ne peut pas être conduit de cette manière. Les forces de l’ordre, dans un Etat démocratique, sont les derniers recours et les inviter pour un règlement de crise suppose d’une part qu’il y a un malaise profond dans le pays et de l’autre les amener à diriger ce qui a été proscrit lors des assises de la conférence nationale des forces vives de la nation de décembre 90.

«La démocratie, ce n’est pas la paresse, le désordre, l’anarchie, l’impunité» a dit le Chef de l’Etat au cours de sa rencontre avec le haut commandement de l’armée et on comprend mal qu’il ait choisi de ramener l’ordre en créant du désordre lui aussi. Les forces de l’ordre depuis l’avènement de Yayi maintient toujours l’ordre en faisant du désordre. L’homme est à l’ère de la refondation du pays et cette nouvelle méthode de gouvernance ne peut être possible que si l’administration prestataire de services ne l’accompagne.