La Nouvelle Tribune

A propos des conseils communaux non installés

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Yayi fait le jeu des contestataires
(Selon Modeste Kérékou)
Cinq (05) jours après l’expiration du délai réglementaire d’installation des nouveaux conseils communaux et municipaux, vingt quatre (24) des soixante dix sept (77) sont encore sans conseil communal. Une situation sur fond de violation des textes de la République avec la caution du gouvernement qui selon l’ancien député Modeste Kérékou fait du dilatoire en créant des commissions interministérielles de médiation.

Au terme des dispositions de la loi portant règles particulières des élections communales, municipales et locales en République du Bénin, les nouveaux conseils municipaux ou communaux doivent être installés quinze (15) jours après la proclamation par la Commission électorale nationale autonome (Cena). Près d’une semaine après l’expiration de ce délai prescrit par la loi, vingt quatre (24) des soixante dix sept (77) conseils communaux ou municipaux ne sont pas encore installés. Et pour cause ! Contestant les résultats dont ils sont crédités par la Cena dans ces communes, les élus Fcbe et leurs leaders s’opposent à l’installation desdits conseils. Pour y arriver, « des troubles et pseudo manifestations populaires ont été organisés par certaines  personnalités et autorités », a dénoncé hier dimanche, Modeste Kérékou, ancien député à l’Assemblée et porte-parole du parti Union pour la relève (Upr). Comme « par hasard, observe-t-il, ce sont dans les communes où Fcbe a perdu qu’il n’y a pas eu installation ». Mieux, a-t-il indiqué, « dans certaines communes, il n’y a eu aucun trouble ni manifestation, et pourtant on n’a pas installé ». Il s’agit par exemple de la commune de Toukountouna où il dit a voir été personnellement témoin du pseudo scénario sur le refus des représentants du préfet des départements de l’Atacora-Donga de procéder à l’installation des conseillers élus et proclamés par la Cena bien qu’ils étaient tous présents.  

La logique du dilatoire

Après les perturbations créées pour empêcher l’installation des conseils communaux au sein desquels ils ne sont pas majoritaires, les élus Fcbe entreprennent selon l’ancien député des démarches de débauchage à l’endroit des élus d’autres listes. Aussi ont-ils continué de s’opposer à l’installation desdits conseils, « espérant qu’entre temps les délibérations de la Cour suprême interviennent et puissent leur être favorables », a-t-il avancé.  Ce jeu d’usure est entretenu par les pouvoirs publics dont les préfets des départements concernés qui de l’avis de Modeste Kérékou ont tout pouvoir de faire respecter la loi en procédant à l’installation des conseils communaux en attendant les délibérations de la Cour suprême. Car, rappelle-t-il, « les  recours ne sont pas suspensifs des procédures d’installation des conseillers élus et déclarés par la Cena ». Mais plutôt que de faire entendre raison aux auteurs des perturbations et violations des textes, « le gouvernement fait du dilatoire », a estimé l’ancien député qui ne comprendre rien de l’initiative de mise en place de commissions interministérielles  en vue d’apaiser les différentes parties. Pour cet invité de l’émission « Zone franche » d’hier dimanche 08 juin 2008, il n’y a pas conflits et point n’est besoin de faire une quelconque médiation si ce n’est pour aider à tuer le temps jusqu’à la sortie des décisions de la Cour suprême relatives aux recours.

La Cour de Salifou Aboudou appelée à dire le droit

Objet de toutes les attentions depuis les marches de contestation au lendemain de la proclamation des résultats des dernières élections, la Cour suprême est toujours attendue pour ses décisions relatives aux nombreux recours dont elle est saisie.  Pour ce faire, beaucoup de Béninois comme Modeste Kérékou disent avoir confiance en elle. Cependant, ils l’invitent à dire le droit et rien que le droit afin de démentir un certain nombre de choses qui se disent en ce moment sur d’éventuelles pressions qui seraient en train d’être faites sur elle afin qu’elle rende ses décisions dans tel ou tel autre sens. Déjà, au sein de l’opinion, il lui est reproché une certaine lenteur dans l’examen desdits recours. 

Ludovic D. Guédénon