La Nouvelle Tribune

Les exigences du peuple font peur à Mathurin Nago

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Bénin - L’élu du perchoir est officiellement investi des pleins pouvoirs de président de l’Assemblée nationale, conformément aux dispositions de la Constitution béninoise. Occasion pour Nago 2 de dérouler son discours programme. On peut y lire en bonne place, les exigences du peuple béninois auxquels l’honorable semble accorder beaucoup de prix.

« Les exigences du peuple sont les défis majeurs de cette mandature», a martelé le président Nago, lors de son discours d’investiture. Il place au nombre de ces exigences, le mariage entre la mouvance et l’opposition, le rétablissement de la morale, la tolérance et l’ouverture, l’unité…

Cette mission qualifiée de difficile par l’ancien et nouveau président de l’Assemblée nationale doit être appréciée au regard de la qualité hommes qui composent la 6è mandature. Le président Nago est à second mandat. Sans nul doute, l’homme sait de quoi il parle. Mieux, avec le bon début –pour la mouvance- de cette mandature qui sent la trahison, la crise de la morale et de l’éthique, Mathurin Nago a de quoi se plaindre. Il est aussi compréhensible que le professeur ne soit pas à la hauteur de la tâche, lui qui a vu plusieurs fois basculer son fauteuil au cours du premier mandat, ses rapports rejetés et sa gestion contestée. Les expériences enseignent mieux que les conseils. Toutefois, cette dimension ne sera pas prise en compte par les mandants qui attendent qu’un véritable air de développement souffle sur le Bénin.

Il faut rappeler que le bilan du cinquantenaire des indépendances de notre pays a révélé qu’en ce laps de temps, les Béninois ont œuvré et pensé plus politique que développement. Même si, c’est un secret de polichinelle, que les députés ne s’inscrivent pas dans la logique de renverser la tendance, l’attente est légitime. Le président Nago a sans doute compris que les défis sont grands et conçoit la refondation comme un processus global de réarmement moral et de changement de comportement. «… La mouvance et l’opposition doivent être des partenaires compréhensif à la manière d’un couple», disait-il. Et si le verbe se faisait chair?

En tous cas, c’est le vœu du président Nago, qui tient à ne pas décevoir cette fois-ci le peuple béninois. L’espoir est certainement permis. Mais, il est clair que le président Nago ne pourra se soustraire de la tutelle de son mentor de l’exécutif. Il ne pourra pas non plus raisonner ses amis politiques dont les appétits sont beaucoup trop grands. Sans jouer les Cassandre, on peut dire que l’avenir reste sombre pour Nago.