La Nouvelle Tribune

Le parlement renoue avec les dérives verbales

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Bénin - (Idji attaque, les députés de la mouvance contre-attaquent) Les scènes désolantes et des propos incendiaires que se lancent les députés de camps opposés ont repris de plus bel hier à l’hémicycle. En effet, au terme de l’examen du seul point inscrit à l’ordre du jour de la séance plénière d’hier, les députés se sont mis à se lancer des invectives et des propos peu discourtois au sein de l’hémicycle. Tout a commencé par la réaction du président du groupe parlementaire de l’UN Antoine Kolawolé Idji . Il a tenu à prendre la parole d’entrée pour  remercier le président Mathurin Coffi Nago qui s’est plié en quatre pour que les discussions entre les députés du groupe parlementaire de l’UN et leurs collègues de la mouvance soient une réalité avec le démarrage de l’élection des membres du bureaux des commissions permanentes il ya quelques jours encore au palais des gouverneurs à Porto-Novo. La tâche n’avait pas été du tout facile ce jour là. Mais au finish, les députés de l’opposition, c’est-à-dire de l’UN sans la RB n’ont rien obtenu sur toute la ligne. C’est plutôt au détriment de  l’UN que la Rb s’est arrogée un poste dans le bureau de l’Assemblée nationale et un autre poste au niveau de la commission de l’éducation. Cette situation a révolté les députés de l’UN et hier le président Idji s’est fait leur porte-parole en montrant dans ses propos le danger que court notre démocratie et les contre vérités qui se disent du côté de la mouvance qui parle tout le temps de refondation et d’ouverture. Ce que le président Antoine Kolawolé Idji a balayé du revers de la main en critiquant le régime en place et en mettant en garde le président de l’Assemblée nationale du danger que cours notre parlement au cours de cette nouvelle législature. Mais ces propos n’ont pas été du goût de ses collègues de la mouvance parlementaire qui s’en sont pris à lui vertement à travers des propos très durs et à la limite désobligeants.

Lire l’intégralité des propos de Idji de l’UN, Débourou des Fcbe

Idji Kolawolé : Député UN

Depuis quelques années, un effort important est fait et surtout par rapport à la modernisation du service informatique. Je souhaite qu’on économise un peu en envoyant un certains nombre de documents par voie informatique ou internet en espérant que la plupart des députés qui sont ici savent le faire.  Mon deuxième point, c’est par rapport à l’élection des bureaux des commissions permanentes après les échanges que nous avons eus avec la majorité parlementaire. Je remercie le président Nago pour l’importance qu’il a accordée à la saisine de l’Union fait la Nation et du fait que vous vous êtes impliqué personnellement. Au nom du groupe parlementaire de l’UN, je tiens à vous en remercier. Mais compte tenu des résultats, et après toute une journée de discussions, les amis de la majorité nous ont dit que l’Union fait la Nation peut avoir cinq postes de secrétariat et un poste de 2è rapporteur. Il est attribué à notre groupe politique tout cela et rien d’autre. Personne ne s’attendait à ce que de telles propositions soient acceptées car elles sont humiliantes. Et nous ne les avons pas acceptées. Je veux vous faire constater que l’opposition a été exclue du bureau de l’Assemblée nationale et des bureaux des cinq commissions permanentes. Cela n’est pas un bon signe et ne respecte pas votre souhait personnel. Si nous devons poursuivre comme ça, la refondation et l’ouverture prônées, tout cela ne sera que des mots. On dit que l’opposition est représentée parce que les amis de la RB ont obtenu quelque chose. Ce n’est pas parce qu’une aile de l’Union fait la nation a renforcée la mouvance que l’UN a eu sa part. C’est faux. Il faut dire que lors des élections passées, le chef de l’Etat a fait comprendre que sa liste est la Fcbe. Les autres listes telles qu’Amana, Cauris 2, Afu et autres se sont cognés durement sur le terrain. A la fin des élections, ils ont rejoint la majorité parlementaire pour la renforcer comme la RB. La minorité parlementaire a été exclue totalement. C’est une question d’importance vitale qui concerne le pays et non seulement le parlement. Il faut que le peuple sache. Si un jour un cadre de l’administration qui a eu en son temps croisé l’UN, il sera peut être exclu ou astreint à des redressements fiscaux. Nous sommes à une période où l’Afrique est en train de prendre feu, est en danger. Il suffit de regarder autour de nous. Il y a même un chef d’Etat qui est venu nous faire la morale et vous voyez dans son pays comment il ya eu même plus de 1000 morts et ailleurs également. Les signes que je vois m’inquiètent et ne vont pas dans le bon sens. Je suis sûr que la Cour constitutionnelle cassera les bureaux installés. Je suis triste et je suis inquiet pour notre pays.q

Débourou Djibril : Député Fcbe

Je ne sais pas s’il est nécessaire de mener un débat sur la brillante intervention de mon collègue le président Idji. Mais les propos qui ont été tenus ne peuvent pas me laisser bouche bée. Je me dois de dire un petit mot par rapport à cela puisque c’est un problème qui nous interpelle tous. Monsieur le président, je suis sidéré par le ton agressif, on ne peut plus agressif du collègue Idji Kolawolé. En même temps, je ne comprends pas qu’il soit en train de pleurnicher sur une situation éminemment politique. Il n’y a pas très longtemps, on dit en bon français naguère, la majorité qu’ils constituaient ici dans cet hémicycle n’a pas eu des mots aussi tendres pour prôner le consensus, pour prôner l’exclusion ou l’inclusion je ne sais pas. Aujourd’hui déjà, un mois après la nouvelle répartition des cartes politiques, il pleure déjà, c’est trop tôt monsieur le président. Pendant trois ans, on nous a dit ici qu’il y aura le sang dans ce pays, le sang coulerait. Ce n’est pas dans mon camp qu’on a dit ça, c’est dans leur camp. Il revient sur les mêmes propos et dans les mêmes termes. S’il estime que le bureau de l’Assemblée nationale est illégal, c’est son mot, je lui emprunte son mot, s’il estime que la constitution des commissions, il y a des voies de recours. Mais si déjà on nous parle de guerre, j’ai toujours dit ici que personne ne souhaite la guerre dans ce pays, mais si la guerre s’impose aux gens, les gens vont faire la guerre à leur corps défendant. Je suis convaincu de cette idée là, c’est pourquoi je l’ai toujours défendue. Ici, on a toujours dit que le collègue Débourou dit de grands mots alors qu’il a perdu sa majorité, mais le collègue Débourou dit de grands mots parce qu’il a retrouvé sa majorité. Monsieur le président, la configuration politique de l’Assemblée nationale est rigoureusement respectée de mon point de vue. J’ai entendu également des procès d’intention, ce n’est pas nouveau et cela ne me surprend pas du camp où ça vient. Ces procès d’intention, on les a entendus pendant trois ans. Je ne sais pas si c’est le compte rendu qui devrait vous être fait ou c’est un ultimatum.