La Nouvelle Tribune

Deux poids, deux mesures!

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« Nous ne sommes pas au camp. Ce n’est pas une question d’autorité. Les syndicats fonctionnent au respect de lois et conventions de l’Oit» martèle Aurélien Lagbadohossou, secrétaire général du syndicat des travailleurs du développement rural et militant de la coalition organisatrice de la grève. Il réagit  ainsi contre les récentes  menaces du chef de l’Etat Boni Yayi sur la télévision nationale à propos de la grève déclenchée dans les ministères depuis ce  mardi. «Que le chef de l’Etat déclare illégale la grève et sur ce, menace de frapper de défalcation les salaires des travailleurs ; c’est très maladroit de sa part »  râle-t-il aussi. En effet, cette même situation s’est déjà présentée à maintes reprises au cours du premier mandat de Yayi. Mais jamais, des  menaces de défalcation sur salaires et d’intimidation n’ont  pu régler les choses. Bien au contraire, elles n’ont fait qu’alarmer les syndicalistes et vicier l’atmosphère. Précisons qu’entre l’employeur et l’employé,  l’employé se trouve toujours en position de faiblesse. Sur cette considération, les syndicats des travailleurs de l’administration publique avant de prendre leur décision d’aller en grève s’emploient à remplir toutes les conditions nécessaires,  que ce soit d’ordre procédural ou légal. Raison pour laquelle, lorsque le gouvernement emprunte la voie d’intimidation, il finit toujours par donner raison aux syndicats.

L’autre paradoxe est que les agents du ministère des finances et de l’économie, n’ont pas reçu tant de  menaces quand ils protestaient  il y a peu.  Ils ont  été d’ailleurs satisfaits, après une grève qui aura duré près de 8 mois. Ce même gouvernement pendant le mandat de Yayi I a fait de même avec les agents de santé en bombardant les médecins de 100.000 f cfa de prime de risque,  laissant les paramédicaux à 6000 f cfa, taux pratiqué auparavant à  tous les agents.  Cette décision  ne répondant pas à la norme en la matière selon les secrétaires généraux de confédérations qui indiquent que prime de risque ne signifie pas prime de responsabilité. Le gouvernement pourtant a maintenu  d’autorité sa décision malgré les réajustements effectués par la suite. Quant au  programme de la revalorisation de la fonction enseignante, Yayi l’a fait appliquer  aux universitaires laissant pour compte les autres catégories d’enseignants. Autant de décisions qui conduisent aujourd’hui les agents permanents de l’Etat dans une situation de disparité catégorielle ou plusieurs salaires ne  sont plus conformes  à la grille salariale.