La Nouvelle Tribune

Nomination: une récompense longtemps attendue par Azandé

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(Le temps de la revanche a-t-il sonné ?) Il est depuis deux jours le tout nouveau patron de la préfecture de Cotonou, en charge des départements de l’Atlantique et du  Littoral. Le désormais ex premier adjoint au maire de la commune d’Abomey-Calavi est ainsi promu à un poste majestueux et sans doute consistant, par Boni Yayi.

Placide Azandé va enfin quitter le conseil communal d’Abomey-Calavi pour  monter encore ‘‘plus haut’’. L’homme est appelé à occuper désormais  le prestigieux fauteuil du préfet des départements de l’Atlantique et du Littoral. Sa nomination date de deux jours seulement, mais reste sans doute un évènement majeur dans  la vie de  ce banquier de formation. Après avoir  passé plusieurs années au sein du conseil communal d’Abomey-Calavi - Il est à son deuxième mandat- et occupé le même poste de premier adjoint au maire depuis lors,  Placide Azandé a sans doute le gros sourire en ce moment.

Ce cadre béninois à la grande taille, toujours tiré à quatre épingles, avait longtemps lorgné le poste du maire de sa commune natale, sans jamais pouvoir y arriver. A la première mandature, les calculs et autres considérations politiques de l’époque ont penché plutôt en faveur de Liamidi de Dravo, au terme d’un processus électoral bien périlleux. L’homme se contentera du poste de premier adjoint au maire. L’histoire se répétera avec  le colonel Patrice Hounsou-Guèdè qui lui ravira la vedette à la seconde mandature, suite à des tractations politiques non moins importantes. Placide Azandé n’aurait jamais digéré  ses échecs successifs  à la fonction du maire, et l’exprimerait parfois à travers des faits et gestes. Ce fils de Hêvié, propriétaire du célèbre Musée du coin,  est cependant  resté discret dans tout ce qu’il concoctait pour prendre de large. A la mairie d’Abomey-Calavi, il se faisait souvent moins bavard et peu actif aux côtés du maire Hounsou-Guèdè, contrairement aux autres conseillers. Reste que l’ambiance est demeurée conviviale entre les deux personnalités jusque-là.  Retranché dans son  bureau en bas de l’étage de la mairie, l’homme gère les dossiers à lui soumis sans grand bruit, visiblement préoccupé par une promotion personnelle  et importante qui tardait à venir. A l’avènement de  Boni Yayi, il intégra sans coup férir le club des grands artisans du pouvoir, à travers  le parti Frap, dans lequel il occupe un poste important. Son appartenance à cette formation politique que parraine la première dame, Chantal Yayi, a sans doute été  bénéfique  dans cette  fraîche nomination. Mais au-delà d’une récompense, elle paraît aussi comme une manière de calmer, cet ex-candidat aux dernières législatives, dont la liste Frap a été rejetée par la  Cour constitutionnelle. Boni Yayi a certainement compris qu’il ne fallait pas le laisser ruminer longtemps sa colère. Aujourd’hui, préfet de l’Atlantique Littoral, Placide Azandé est devenu le chef de son ex-chef, le maire Hounsou-Guèdè. L’ère de la revanche ? D’aucuns ne cachent plus en tout cas leur  crainte de voir le nouveau préfet s’opposer à, ou mettre en difficulté certaines décisions nouvelles que prendra, son ex patron d’Abomey-Calavi, un peu comme pour asseoir une autorité absolue dont il rêvait tant.q