La Nouvelle Tribune

Installation manquée du conseil communal d’Abomey-Calavi

Espace membre

Les conseillers Fcbe bloquent les travaux
(*Comportement suspect du représentant du préfet)
(*Un grand dispositif sécuritaire)
Démarrée autour de dix sept heures hier mardi à la salle de conférence de la mairie d’Abomey-Calavi, la cérémonie officielle d’installation des membres du nouveau conseil communal n’a pu s’achever. A la demande insistante des élus Fcbe, elle a été reportée dans la confusion.
Tous présents hier mardi dans la salle de conférence de la mairie d’Abomey-Calavi conformément à l’arrêté 2008 n°2/0145 du préfet des départements de l’Atlantique et du Littoral, les trente sept membres du conseil communal d’Abomey-Calavi n’ont pu être installés. Et pour cause ! Juste après la vérification de l’identité des conseillers convoqués et de leur présence effective par la délégation chargée de procéder à leur installation, deux préoccupations préalables furent posées par M. Germain Cadja Dodo, conseiller Fcbe élu à Godomey. L’intéressé demande en son nom et au nom des dix autres élus Fcbe membres du conseil communal non encore installés, à s’assurer des dispositions sécuritaires prises puis le règlement avant toute installation des contestations formulées par son groupe politique auprès de la Commission électorale nationale autonome (Cena) et de la Cour suprême au sujet de quatre sièges qui seraient mal attribués dans l’arrondissement de Godomey.   Il est suivi dans son développement par deux autres de ses camarades élus Fcbe qui estiment comme lui que l’équipe dépêchée par le préfet et conduite par M. Edmond Tako, chargé de mission du préfet et composée de Fortuné Daga, chef service Affaires générales à la préfecture de Cotonou, capitaine Mohamed Saké, commandant de la compagnie de gendarmerie de Cotonou et Modeste Tchinkou, directeur départemental, chargé des relations avec les institutions et la société civile n’avait pas autorité pour procéder à l’installation du conseil communal en l’état. Car, « le quorum n’est pas atteint. Et pour cause ! Des conseillers de la Cena de Todjinou qui ne devraient pas être ici ce soir sont là et les véritables conseillers élus par les populations sont dehors », est revenu signifier Cadja Dodo dans une autre intervention. Après l’exposé des faits et arguments des élus Fcbe demandant  l’ajournement de la cérémonie, l’équipe d’installation se retire et se concerte quelques minutes. De retour dans la salle, le chef de la délégation, M. Tako expose à son tour les dispositions de loi sur les délais d’installation des conseils communaux et sur l’examen des recours et contestations puis donne lecture d’extraits des différents arrêtés pris par le préfet Brun Hachémé « conformément aux lois électorales et à ses prérogatives » pour conclure, « nous sommes en mission et nous avons reçu des instructions pour procéder à l’installation du conseil communal d’Abomey-Calavi après ceux de Sô Ava et de Tori Bossito d’où nous venons d’ailleurs ». Il fait observer ensuite que les membres convoqués par l’arrêté du préfet sont ceux proclamés élus par la Cena et que seule la Cour suprême est habilitée à répondre aux préoccupations ainsi posées. Malgré les explications de M. Tako, les protestations se font de plus en plus insistantes. Alors, deux élus Rb interviennent pour demander à l’équipe de ne guère se laisser « distraire » et de ne s’en tenir qu’à « l’application des textes ».  

Comportement suspect du représentant du préfet
« Je vais aux toilettes ». Le doigt levé, M. Tako quitte la salle. Il est suivi un à un par plusieurs élus Fcbe dont l’ancien maire, Liamidi Houénou de Dravo et Cadja Dodo, meneur du mouvement de protestation. Des toilettes, il n’est revenu que plus d’une heure après, précédé quelques minutes par les élus Fcbe. Puis il annonce à l’assistance qu’il s’était retiré « juste pour vous permettre de vous comprendre ». Et pourtant, les élus Fcbe maintiennent la pression et deviennent encore  plus menaçants face aux élus Rb qui commençaient à sortir du silence qu’ils ont eu jusque là. De part et d’autre, des élus se lèvent, lèvent le ton et tentent de créer une confusion dont s’est rapidement saisie le président de séance pour crier « la cérémonie est reportée ». Quelques minutes plus tard, les forces de l’ordre présentes dans la salle disparaissent en même temps que les élus Fcbe qui pour la plupart démarrent sous le même cortège que les véhicules de l’équipe d’installation. Seuls les élus Rb et leurs alliés sont restés dans la salle menaçant jusqu’à notre départ d’y rester autant qu’ils le pourront.  

Un grand dispositif sécuritaire
Il y avait dans la cour de la mairie et aux alentours un grand déploiement de forces de sécurité. Policiers, gendarmes et Crs ont été débarqués pour la circonstance. A l’entrée de la mairie, une foule de civils, sous la surveillance des forces de sécurité a attendu en vain de connaître le prochain maire de leur ville.Ludovic D. Guédénon