La Nouvelle Tribune

Limogeages à la présidence de la République: Yayi vide le palais de ses «oisifs»

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Bénin - Un véritable coup de billard. Hier, alors que l’ambiance au palais de la Marina ne présageait d’un malaise, le Chef de l’Etat a annoncé sans grande explication, le limogeage de tous les conseillers techniques, conseillers spéciaux et autres chargés de mission qui pullulent au palais de la Marina. Selon  nos sources, très peu de conseillers ont été informés de cette décision avant qu’elle ne soit rendue publique.

Pour la plupart, ils ont appris cette information par la bande passante de l’Ortb. « Dans le cadre de la nouvelle gouvernance, le président de la république, Chef de l’Etat, Chef de gouvernement, Le président Boni Yayi a décidé de mettre fin aux fonctions de tous les conseillers techniques, conseillers spéciaux et chargés de mission  à compter de ce jour lundi 23 Mai et ce jusqu’à nouvel ordre. De nouvelles nominations se feront au fur et à mesure que le besoin se fera sentir », précise ce communiqué laconique publié sur les antennes de la télévision. La seule raison, confirme certaines indiscrétions, c’est  de réduire le train de vie au sommet de l’Etat dans une période de grande récession économique. Ainsi donc le Chef de l’Etat se sépare de tous ses conseillers. Aucune discrimination n’a été faite. Le glaive présidentiel n’a pas de différence entre conseillers techniques zélés, conseillers spéciaux incapables et chargés de mission désœuvrés. Boni Yayi n’a pas fait de cadeau à ses plus proches conseillers comme Amos Elègbè, Alexandre Hountondji, Max Ahouèkè, et bien sûr son beau frère Marcel de Souza…Tout ceux-ci devront rentrer ce soir à la maison.  Nommés pour la plupart conseillers ou chargés de mission après avoir quitté le gouvernement, le palais s’est rempli progressivement de conseillers et de chargés de mission au fur et à mesure que Yayi formait les gouvernements. Un conseiller joint au téléphone semble ne pas reconnaître la valeur juridique de cette décision. « Moi j’ai été nommé par décret, si on doit me révoquer  il faut que ça soit également par décret », a-t-il fulminé. Cette décision jette un froid entre Boni Yayi et ses collaborateurs directs. C’est une véritable  révolution du palais. Yayi doit prendre garde pour qu’elle ne se retourne pas contre lui.