La Nouvelle Tribune

Bonne gouvernance démocratique: les obstacles à la refondation

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Après son investiture, le Président Boni Yayi a choisi de rénover le changement par la refondation, qui est une autre façon de gérer le pays. Le premier quinquennat a montré ses limites. Mais à l’analyse, on constate que cette refondation tant scandée par le Chef de l’Etat dans ses discours tarde à se concrétiser dans les actes. Certains observateurs du microcosme politique béninois perçoivent déjà des obstacles à ce nouveau mode de gouvernance. Après cinq années de gestion du pays, le Président Boni Yayi s’est rendu à l’évidence qu’il lui faudrait rompre avec la monotonie en réorientant sa gestion. C’est ainsi qu’il a opté pour une nouvelle gouvernance dans tous les domaines, c’est-à-dire la refondation de la Nation toute entière. Les bases d’une telle refondation devraient être mises en place par un forum dit de vérité et de sursaut patriotique que le Chef de l’Etat a tôt fait de suspendre. Une suspension qui trouve son fondement dans le climat de méfiance et de suspicion ayant caractérisé, en son temps, les relations du leader des forces cauris pour un Bénin émergent et le comité d’organisation du forum, notamment avec le médiateur qui en était le Président de comité.

La refondation a déjà pris un coup

On s’étonne que le Président parle de la refondation dans tous ses discours, alors que le forum devant consacrer la chose a été annulée. En effet, si en dehors du forum, le Chef de l’Etat en fait cas chaque fois que l’occasion se présente à lui, c’est dire qu’à part le forum il a certainement d’autres moyens lui permettant d’ arriver à cette fin. Cette volonté de Boni Yayi de doter le pays d’un nouveau mode de gestion qui servira peut être de sérum de vitalité à la démocratie rencontre déjà des obstacles. La parfaite illustration serait le comportement de l’équipe de garde du centre hospitalier départemental de l’Ouémé face à un homme (meunier) à moitié brulé et conduit d’urgence à ce centre où les agents ayant à leur tète le médecin en chef. Ils ont opposé un refus catégorique d’abord à l’admission de ce dernier dans les salles de l’hôpital et l’ont laissé sur la cour du centre prétextant de la vétusté du matériel soignant. Le médecin retrouvé sur les lieux a dans son zèle menacé de briser la caméra de l’équipe de reportage d’une chaîne de télévision privée qui filmait la scène macabre. Interrogé sur cette attitude de ces hommes qui n’ont point assisté le malade, le ministre de la santé a lui aussi défoncé la porte déjà ouverte en huant les journalistes et en les traitant d’alarmistes. Quelques jours après, il revient sur ses mêmes propos en reconnaissant le rôle que jouent les journalistes et en adressant ses condoléances à la famille de l’homme décédé. Une attitude très facile de médecin après la mort. Yayi aurait perdu ses habitudes d’antan si non et le ministre et le médecin chef seront démis de leur fonction pour non assistance à personne en danger. La refondation, vœu cher de Boni Yayi s’écarte donc des valeurs éthiques qu’il prône lui-même. Il doit traduire pour une meilleure appréciation de ce nouvel air de refondation qui compte insuffler à ce pays, en acte la dotation des institutions et ou services des hommes de qualité et de conviction. C’est un indicateur important de la refondation.