La Nouvelle Tribune

Conférence publique au centre culturel américain de Cotonou

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Les fondements de la démocratie des Usa présentés par Gellar
En visite  au Bénin, Dr Shledon Gellar, politologue à l’Université d’Indiana aux Etats-Unis est sollicité pour l’animation d’une série de conférences publiques sur la démocratie américaine. La première, consacrée au système électoral et à d’autres fondements de la démocratie américaine  s’est déroulée hier lundi au centre culturel américain à Cotonou en présence d’un public cible constitué de journalistes, d’universitaires et autres acteurs de la société civile du Bénin.
Vieilles de plus de deux siècles déjà, les mêmes règles générales et principes fondamentaux continuent à ce jour de régir l’organisation des élections aux Etats-Unis d’Amérique. Ainsi, explique Dr Shledon Gellar, politologue à l’Université d’Indiana aux Etats-Unis, hier lundi lors d’une conférence publique à Cotonou, la majorité se renouvelle tous les deux ans et l’élection du chef de l’Etat se déroule tous les quatre ans. Le mode du scrutin ici est particulier, a indiqué le politologue car il se déroule au sein d’un collège électoral de 435 membres au départ, fort désormais de 538 délégués. Le nombre de délégués est défini par Etat selon la taille de la population mais depuis plusieurs années et en dépit de l’évolution de la démographie au sein des Etats, le nombre de délégués n’a connu d’évolution au niveau de certains Etats. Plusieurs particularités caractérisent la démocratie américaine selon les explications du conférencier. Il s’agit notamment du rôle important des collectivités locales et de l’implication à titre bénévole des citoyens dans l’organisation des élections. A propos des collectivités locales, elles ont commencé la pratique de la démocratie avant même le sommet des Etats-Unis. Ce qui fait dire au Dr Gellar que « la démocratie américaine est partie de la base ». Il préfère  alors parler de liberté locale plutôt que de décentralisation et indique qu’aux Etats-Unis, « ce sont les citoyens qui choisissent en leur sein les membres de la structure chargée de l’organisation des élections ».  Ce système est identique à celui de l’organisation des sociétés africaines au sud du Sahara avant la période coloniale. Contrairement à d’autres qui la présente comme exempte de la corruption, la société américaine n’en serait pas vraiment. Car, « il n’y a pas un pays qui a le monopole de la corruption ou de la pureté », selon Dr Gellar. Ainsi, d’une manière ou d’une autre, les milieux religieux influencent par exemple l’issu des consultations électorales aux Etats-Unis au point qu’il « est presque impossible à un athée d’être élu aux Etats-Unis » a affirmé le conférencier dont l’exposé a porté sur le thème « le système électoral américain, les aspects de la démocratie américaine à la base, le rôle du citoyen, sa responsabilité et son implication dans le processus politique, le rôle des chefs religieux en démocratie, les femmes en politique, la corruption et la bonne gouvernance ».

Ludovic D. Guédénon