La Nouvelle Tribune

« Face à la Nation » dimanche dernier

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Roger Gbégnonvi s’est-il renié ?
« Face à la Nation » dimanche dernier et répondant aux questions de notre confrère Honoré Benjamin Nahum du groupe de presse « La Gazette du golfe », Roger Gbégnonvi devenu ministre dans le gouvernement du président Boni Yayi à la faveur du dernier remaniement a encore une fois surpris beaucoup de citoyens béninois par ses affirmations et analyses. Tellement celles-ci n’ont pas permis de le retrouver dans son manteau de veilleur qu’on lui connaissait.

Scandaleuses et très scandaleuses étaient certaines affirmations faites dimanche dernier par l’ex-président de la section béninoise d’Amnesty International, Roger Gbégnonvi sur le dernier rapport de l’organisation mondiale. Pareilles sinon pires seraient également ses analyses et autres affirmations qu’il a faites à la même occasion sur la Société civile béninoise, les marches de protestation organisées par des militants présumés Fcbe et sur les perspectives électorales de mars 2011, selon la plupart des auditeurs et téléspectateurs du groupe de presse « La Gazette du golfe » rencontrés hier lundi. Vingt quatre heures donc après la diffusion du dernier numéro de l’émission « Face à la Nation » dont le ministre était l’invité, ces personnes marquent de manière presque unanime  leur grande surprise.  « Nous avons été surtout surpris de ce qu’il a dit à propos du rapport de Amnesty international », s’est indigné un auditeur qui dit n’avoir pas reconnu l’ancien président de la section béninoise de ladite organisation. Cet auditeur, la trentaine et diplômé de l’Université d’Abomey-Calavi a dit avoir eu du mal à comprendre la facilité avec laquelle le ministre a rejeté le rapport évoquant des arguments et des dates qui selon lui paraissent faux. Et pour cause ! L’auditeur et plusieurs autres citoyens se sont souvenus comme si c’était hier que les bavures militaires de Ouidah, la ville natale du ministre remontent en 2007 et non en 2006 comme l’a annoncé le ministre du changement. A propos de l’engorgement des prisons béninoises, les opérations de transfert vers Akpro-Missérété que le ministre fait remonter à 2007 ne datent que d’il y a moins de trois mois. Alors on se pose la question de savoir c’est de bonne ou mauvaise foi si que, prophète de la vérité hier, M. Gbégnonvi se soit aussi facilement et abondamment trompé sur des dates aussi mémorables et élémentaires. L’on est davantage pantois quand, reconnu très juste et légaliste, M. Gbégnonvi a trouvé dimanche des circonstances atténuantes aux manifestations de rue effectuées par des militants Fcbe sans l’autorisation des autorités locales ou préfectorales compétente, au lendemain de la proclamation des résultats des élections municipales, communales et locales. Que dire alors de ses convictions et luttes antérieures au sein de la société civile béninoise quand il dit sans ambages que cette société civile est sans matières depuis l’avènement du régime du changement, magnifiant la doigté avec laquelle son « maître » réussirait depuis deux ans à satisfaire toutes les revendications objet des combats qu’il menait ensemble avec ses pairs. 

Ludovic D. Guédénon