La Nouvelle Tribune

Elections législatives: faible participation dans les départements de l’Ouémé

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Les élections législatives ont eu lieu samedi 30 Avril dernier à Porto-Novo et dans les autres communes de  l’Ouémé. Comme lors de l’élection présidentielle, les législatives ont connu de nombreux ratés comme le retard, la confusion autour des listes et surtout la disparition mystérieuse de certains électeurs qui avaient pourtant voté sur  la même  liste électorale.

Samedi 30 Avril, la cour de l’école primaire de Sèttô dans le 4è arrondissement de Porto-Novo connaît une ambiance peu habituelle. Un peu avant 7 heures, quelques jeunes officiellement commis par la Commission électorale nationale autonome(Cena) pour les travaux d’agents de bureau attendent impatiemment l’arrivée du matériel sensible qui doit venir de l’arrondissement situé à environ trois kilomètres de là. L’attente se fait longue. Et bien que la mobilisation soit faible, les quelques rares électeurs venus très tôt pour voter ont dû prendre leur mal en patience. Et c’est après 8h00 que deux agents de la Cena venus dans un véhicule banalisé distribuent les urnes, les Pv, et le reste du matériel dans les 5 bureaux de vote de ce quartier. Bien que les sensibilisations aient été faites dans les quartiers de Porto-Novo, les électeurs ne sont pas sortis autant que pour la présidentielle. Au marché de Ouando, c’est le maire Moukaram Océni qui a dû envoyer des forces de l’ordre pour disperser les gens et empêcher le marché de se tenir afin de leur permettre d’aller voter. Mais ceci n’a pas pour autant inverser la tendance. Dans les garages et les ateliers, le travail a évolué normalement et beaucoup d’artisans ont refusé d’aller accomplir leur devoir civique. « Il n’est pas question d’aller voter puisque ceux qui doivent être élus sont connus avant même les élections », déclare Adjimon, soudeur à Guévié qui s’opposait à toute demande de ses amis d’aller voter. Dans plusieurs bureaux de vote de la ville, des centaines d’électeurs n’ont pu voter parce que n’ayant plus retrouvé leurs noms sur la liste. C’est le cas du conseiller municipal Avocètien Antoine qui n’a pu voter parce que son nom ne figure pas sur la liste des électeurs. « J’ai pourtant voté lors de l’élection présidentielle et maintenant la Cena efface mon nom de la liste. C’est fait exprès parce qu’ils savent que je suis de l’opposition »,  se désole-t-il. L’autre fausse note, c’est le retard accusé par la CENA dans la distribution des nouvelles  cartes. A 14h, le Chef du quartier Dodji s’affairait, avec une équipe restreinte  de jeunes réquisitionnés pour la cause, à faire le dispatching des nouvelles cartes d’électeur qui n’ont été reçues qu’après 10h.  Conséquences de tous ces ratés, le taux de participation est très faible. Selon un membre de la Ced, elle avoisine les 52% dans la ville de Porto-Novo, un recul grave par rapport à l’élection présidentiel du 13 mars. A l’heure du dépouillement, les chiffres donnés dans la ville de Porto-Novo mettent largement l’Union fait la Nation (Un) en tête avec 56000 voix contre 10000 pour le Fcbe. Ses deux grandes formations politiques sont suivies par l’alliance Cauris 2 qui avoisine les 8000 voix.