La Nouvelle Tribune

Difficile médiation pour Boni Yayi

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Sauf cataclysme de dernière heure, il n’y aura pas de consensus au sein de la mouvance présidentielle autour de la liste Fcbe pour les élections législatives du 30 mars prochain. Les concertations menées par le Chef de l’Etat lui-même avant-hier et hier n’ont accouché que d’une souris. Plusieurs listes et des candidats, pas des moindres, continuent de s’opposer à cette décision. La majorité présidentielle ira aux élections législatives du 30 mars en rang dispersé. Contrairement à ce qu’ exigent certains caciques du pouvoir et au souhait du président Yayi, le consensus ne sera pas une réalité. Justin Agbodjèté de la liste Ub dans la 20è circonscription électorale en avait donné le ton le weekend dernier. Il a été suivi par Me Adrien Lionel Agbo, porte parole de l’alliance Cauris 2 qui dans une déclaration faite hier, « nous membres de l’alliance Cauris2, vous demandons tout particulièrement de ne pas vous laisser abuser par une polémique qui serait engendré par l’appartenance soi disant candidats à une liste unique de la mouvance présidentielle ». Une telle déclaration émanant d’une personnalité politique  membre du cabinet présidentiel et au lendemain d’une importante réunion du Chef de l’Etat avec sa mouvance n’est rien d’autre que la preuve de l’échec des hypothétiques pourparlers entamées par le Chef de l’Etat lui-même pour le retour au consensus. On se rappelle bien qu’avant les négociations, des jeunes de la majorité présidentielle ont invité tous les autres membres de cette coalition politique soutenant le Chef de l’Etat à se rallier à cette liste la seule que reconnaît le Chef de l’Etat. Les déclarations avaient même pris les formes insidieuses de menace et d’intimidation. Ce n’est qu’après avoir constaté l’échec de cette  option que le pouvoir baisse le ton et envisage la discussion. Mais il semble que cette option risque aussi de ne pas porter ses fruits au regard des réticences et des oppositions des leurs à respecter cette décision. En effet, la situation semble  atteindre un degré de pourriture au point où il sera très difficile, même pour le Chef de l’Etat de le régler. Les racines du mal sont plus profondes. Elles remontent  à la dernière élection présidentielle. Pour grignoter assez de voix dans les fiefs de l’opposition, le Chef de l’Etat avait laissé imploser sa mouvance désormais dispersée en de petits groupes ou mouvements qui ont pullulé un peu partout lors de ses élections. La Fcbe en tant que entité politique n’a plus existé. Alors qu’ils battaient campagne pour Yayi, tous ces « roitelets politiques » avaient leurs petites idées derrière la tête : se faire positionner sur la liste du « chef » pour se faire élire député. C’était pour eux la seule récompense qu’ils pouvaient obtenir de leurs efforts pour aider le président Yayi à rempiler. Il a même affirmé de temps en temps que chacun devait travailler dur dans son coin s’il voulait être élu député. Mais une fois élu, Yayi s’est trouvé devant la réalité de ne pas satisfaire tout le monde. Aussi, l’euphorie de cette victoire au premier tour et la préparation de son investiture l’ont éloigné un peu des tractations pour la confection des listes de la mouvance pour les législatives. C’est dans cette confusion que chaque acteur a confectionné sa liste. L’irréparable était fait.  Le Chef de l’Etat leur a demandé d’aller s’entendre pour dégager deux listes au plus. Mais chacun s’est accroché à sa liste. A raison pour certains dont la popularité ne souffle d’aucuns doute mais qui n’ont pas été bien positionnés sur la liste unique Fcbe. Aujourd’hui, le vin semble être tiré et Yayi doit le boire.