La Nouvelle Tribune

Pour la Lepi des législatives 2011: la seule correction envisagée

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La liste électorale permanente informatisée (Lépi) est toujours, à quelques jours du scrutin législatif, objet de toutes les curiosités et interrogations. Elle devrait, selon le bon sens, être corrigée pour limiter les nombreuses irrégularités notées lors de l’élection présidentielle. Les irrégularités constatées lors de la première mise en œuvre de la Lépi, on se rappelle, ont été imputées, par l’opinion et les acteurs politiques de l’opposition, aux institutions et organes chargés de la confection de ce désormais outil majeur des élections au Bénin. Les concepteurs du nouveau fichier électoral avaient prétexté de l’étroitesse du temps qui les séparait de la date des élections, pour estimer ne pas être en mesure d’apporter les correctifs exigibles a pareil document. Comme l’aurait souhaité l’opposition. Interrogé à la fin de son point de presse donné hier au stade de l’amitié de Kouhounnou, l’honorable Lazard Sèhouéto, sans être dans le secret des dieux, a laissé entendre que rien n’est prévu pour corriger entièrement la liste avant ces législatives. Seuls, les votes dérogatoires pourraient tout de même être limités. Ainsi, comme pour l’élection présidentielle, le corps électoral irait aux urnes lors des législatives, dans deux semaines, sans avoir connaissance du nombre exact des électeurs ni celui des bureaux de vote. Il faut souligner que pour ces corrections attendues, la Commission politique de supervision pourrait avoir besoin d’un accompagnement financier, dont le principal pourvoyeur est le Pnud, lequel a notre connaissance, n’aurait pas été saisi par la Cps-Lepi. Les mêmes dysfonctionnements constatés et les mêmes contestations soulevées, lors du scrutin présidentiel, risquent de revenir au galop au soir de scrutin législatif à venir. L’opposition irait ainsi donc, une fois encore, au vote avec une liste à polémique et peu fiable; une liste bancale dont l’usage biaise a priori le verdict qui en découlerait, une liste en définitive taillée sur mesure, selon toute vraisemblance.

Les soupçons de fraude planent

Après le scrutin présidentiel, les contestations accusant la mouvance présidentielle d’avoir volé la victoire au principal candidat de l’opposition, ne se sont pas fait attendre. Pourtant, les organes et institutions jouant les d’arbitres, dans leur verdict, ont prononcé le K.O promis, en cassant tous les recours contestant cette victoire. Les moyens utilisés pour arriver à cette fin étaient, aux yeux des formations politiques adverses, antidémocratiques et anti constitutionnels voire déloyaux. Les mêmes causes produisant les même effets, les sbires de la mouvance présidentielle voudraient, à en croire certaines sources dignes de foi, faire feu des mêmes moyens et stratégies pour ratisser large lors du vote. Dans l’opinion, circule la rumeur du pourcentage auquel ces élections seront remportées par la formation politique du chef de l’Etat. Le chiffre en serait de 65%. Ce chiffre risque d’être confirmé au soir des élections si l’opposition ne met pas les gardes fous nécessaires à la fraude. Tout ceci participe de la régression de la démocratie du pays qui a longtemps fait école dans la sous région.