La Nouvelle Tribune

Abdoulaye Bio Tchané désapprouve la décision de la haute juridiction

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«Je ne crois pas à la fatalité de la politique du pire»

Hier jeudi, le candidat de la coalition Abt a donné de la voix suite à la proclamation des résultats définitifs du scrutin du 13 mars par la Cour. Assisté pour la circonstance de tous les caciques de la coalition, Abdoulaye Bio Tchané est resté dans sa logique de contestation et ne s’est pas avoué vaincu comme le pensaient nombres de béninois.

Face à la presse nationale et internationale, le candidat Abdoulaye Bio Tchané, n’est pas allé du dos de la cuiller avant de montrer que la décision de la Cour constitutionnelle ne reflète pas la réalité d’un scrutin respectueux des valeurs légales et démocratiques héritées de la conférence nationale. Il pense que le combat électoral du 13 mars dernier est émaillé, pollué de dysfonctionnements et de contestations pré et post électoraux.  Ensuite, le candidat de la coalition reconnait avoir accusé réception de la décision de la Cour qui sonne selon lui le glas des contestations légales liées au scrutin. Elle sonne aussi le glas de la crédibilité, de l’impartialité, et de l’indépendance des institutions impliquées dans le processus électoral. Cette décision de la Cour ne crée nullement l’apaisement social requis ouvertement par tous les compatriotes aussi bien de l’intérieur que de l’extérieur. Pour lui, depuis la conférence nationale de février 1990, jamais une élection présidentielle ne fut aussi mal organisée, aussi tronquée et aussi confisquée. A propos de la lépi, il estime que les candidats à l’élection présidentielle se sont trompés en se confiant aux institutions et en mettant leur espoir sur la conscience professionnelle et patriotique des instances de recours. Enfin, le candidat pense que la constitution et les lois internationales lui permettront de marquer sa désapprobation par d’autres voies démocratiques. Il paraît aujourd’hui impérieux et citoyen d’œuvre pour des institutions fortes et solides au service de l’intérêt général a-t-il précisé avant de conclure.

DISCOURS DE ABDOULAYE BIO TCHANE

Béninoises,

Béninois,

Mes chers compatriotes,

La Décision de la Cour Constitutionnelle en date du 30 Mars 2011 vient de clore notre combat électoral durant lequel beaucoup m'ont accompagné. Je tiens, en mon nom propre et au nom de toute ma coordination, à vous témoigner notre profonde gratitude.

Ce combat émaillé, pollué de dysfonctionnements et de contestations pré et post électoraux, connaît son épilogue par la décision de la Cour Constitutionnelle confirmant la surprenante élection au 1er tour du Président Thomas Boni Yayi

Au travers du recours que j'ai moi-même formulé, vous savez que la finalité proclamée par la Cour, n’est pas celle que nous estimons refléter la réalité d'un scrutin respectueux des valeurs légales et démocratiques héritées de notre Conférence nationale.

Profondément respectueux des textes, que nous nous sommes autofixés, j'accuse réception de la décision de la Cour qui sonne le glas des contestations légales liées audit scrutin. Elle sonne aussi hélas, le glas de la crédibilité, de l'impartialité, et de l'indépendance de nos institutions impliquées dans le processus électoral.

Jamais, depuis la conférence nationale de 1990, élection présidentielle ne fut dans notre pays aussi mal organisée, aussi tronquée, aussi confisquée.

J’accuse réception de la décision de la Cour mais je ne peux l’accepter je suis aussi extrêmement préoccupé de ce qu'elle ne crée nullement l'apaisement social requis ouvertement par tous nos compatriotes aussi bien de l'intérieur que de l'extérieur.

Lorsque les générations futures nous demanderont pourquoi nous avons accepté de concourir à une élection, avec comme principal instrument de vote une LEPI truquée, nous leur répondrons que la confiance dans nos institutions nous paraissait supérieure au risque politique. Nous nous sommes trompés !!!

Lorsque les générations futures nous demanderont ensuite ce que nous avons fait pour protester face au détournement électoral de la volonté des électeurs, nous leur expliquerons que notre espoir dans la conscience professionnelle et patriotique de nos instances de recours était supérieur au risque de vol juridique qualifié. Nous nous sommes également trompés !!!

Pour ce qui est du présent, notre Constitution et les lois internationales nous permettent de marquer notre désapprobation par d'autres voies démocratiques.

Mes chers compatriotes, n'en doutez pas: les mêmes méthodes et les mêmes comportements d'hier produiront demain les mêmes  effets dévastateurs sur le développement du Bénin.

Car celui qui a semé de mauvaises graines ne peut prétendre à une belle récolte.

Chers compatriotes,

Dans le combat qui s'engage, je serai présent! Je serai présent et je serai à l'écoute de vos problèmes, pour faire progresser notre pays et améliorer les conditions de vie des Béninoises et des Béninois.

Volontaire, disponible et déterminé, quelles que soient les épreuves qui nous attendent, je

serai là à vos côtés ainsi qu'avec tous les démocrates du Bénin. C'est cela même le sens

de mon combat.

Je ne crois pas à la fatalité du déclin du Bénin ; je ne crois pas à la fatalité du recul et je ne

crois pas non plus à la fatalité de" la politique du pire.

C'est pour cela chers compatriotes, qu'il me paraît aujourd'hui impérieux et citoyen

" d'œuvrer pour des institutions fortes et solides au service de l'intérêt général.

C'est cela qui peut donner un avenir triomphant à ce pays que nous chérissons.

Vive la Démocratie!

Vive le Bénin!

Abdoulaye HIO TCHANE