La Nouvelle Tribune

Deux recours contre le K.O de Boni Yayi

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Les irrégularités qui sont à l’origine de la contestation de la victoire du candidat Boni Yayi sont mentionnées dans les recours adressés à la Cour constitutionnelle par les candidats Abdoulaye Bio Tchané et Adrien Houngbédji qui exigent l’annulation pure et simple du scrutin du 13 mars dernier.

Les contestations issues de la proclamation des résultats provisoires se traduisent déjà en des recours devant la Cour. La victoire de Yayi risque de s’arrêter à l’étape de la proclamation des résultats puisque de troublantes révélations ont été faites à travers les recours envoyés par les deux candidats contestataires à la juridiction compétente. Ces recours relatent bien les conditions dans lesquelles la victoire par K.O a été obtenue par le Président sortant et les irrégularités qui ont entaché le vote. Comme irrégularités, les deux recours dénoncent entre autres l’inexistence de liste électorale constitutive du corps électoral, l’utilisation des biens et moyens de l’Etat, l’affichage des effigies du candidat Boni Yayi aux murs des bureaux de vote surtout dans le département du Borgou, la difficulté pour les électeurs d’accéder à leur bureau de vote, la création de plusieurs bureaux de vote fictifs, la distribution de bulletins de vote pré estampillés «Yayi Boni» aux électeurs, contre forte rémunération ou promesse de bénéfice de micro finance, le transport massif des électeurs des villages vers les centres urbains, ce qui a entrainé l’inflation du vote par dérogation. A toutes ces irrégularités, il faut ajouter la corruption et le bourrage des urnes dans la région septentrionale du pays au profit de Yayi et la forte propagande faite sur la chaîne nationale qui pour la circonstance est devenue celle du candidat Boni Yayi.

 

Au vu de tout ce qui précède, il faut reconnaitre qu’au-delà des manifestations de rue, les candidats ont voulu, par leur acte, privilégier les voies légales de recours pour montrer leur position face à une victoire surprenante. Reste maintenant à la Cour constitutionnelle de trancher, elle qui est habilitée à annuler ou à confirmer ces résultats provisoires antérieurement proclamés.