La Nouvelle Tribune

Syndicalistes et politiciens rejettent la réélection de Yayi

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La Bourse du travail a drainé hier  une foule de militants venus contester la réélection de Boni Yayi. « Nous avons aujourd’hui deux présidents élus au Bénin, tout comme le scénario à l’ivoirienne» s’est désolé  Pascal Todjinou, secrétaire général de la Confédération générale des travailleurs du Bénin (Cgtb) hier au meeting  tenu à la Bourse du travail à Cotonou  par les centrales syndicales. «C’est pour qu’on en arrive pas à cette situation   qu’on se battait pour  le toilettage de la liste électorale permanente informatisée (Lépi)», poursuit-il avec la même verve. Il a rappelé les «injonctions» du pouvoir dont il a été l’objet quand il dirigeait la  Cena pour les élections communales et municipales dernières. «On me forçait  à auto proclamer  certains maires  contrairement aux résultats des urnes et j’ai refusé» a- t-il révélé,  condamnant les mêmes soupçons qui pèsent à ce jour sur la Cena  2011 et sur la cour constitutionnelle.  Son homologue de la Confédération syndicale des travailleurs du Bénin (Cstb), Gaston Azoua exprime aussi sa désolation face aux résultats issus de l’élection du 13 mars 2011. «Tout président qui  sera élu   de cette manière,  nous le chasserons»  menace-t-il.  Il complète que «Yayi dans le contexte social actuel sera chassé du pouvoir par un soulèvement  du peuple». «On ne veut plus de Yayi au pouvoir» râle encore  Azoua. Initié pour  une énième foi, le meeting  a connu la participation de quatre députés de l’Union fait la Nation à savoir Raphael Akotègnon, Kakpo Kifouli, Timonthée Gbediga et Clément Houinou.  Selon chacun des intervenants,  le résultat de l’élection présidentielle  béninoise dernière ayant promu la réélection de Yayi  est «basé sur une Lépi taillée sur mesure». Pour le représentant du  Parti communiste du Bénin, le pouvoir de Yayi est «l’incarnation de  l’arbitraire,   de l’exercice du pouvoir personnel,   du pillage et du bradage des ressources nationales».