La Nouvelle Tribune

Déroulement de l’élection présidentielle: ce que pensent les communautés étrangères résidentes au Bénin

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Les communautés étrangères du Bénin, ont vécu l’élection présidentielle du 13 mars dernier dans une certaine inquiétude. Nos frères de la diaspora, craignant qu’il n’y ait d’éventuels débordements dans cette élection qui a connu des remous dans son processus, ont comme gardé une oreille attentive à tout ce qui se passe actuellement au Bénin, leur terre d’accueil. Vivre à l’étranger n’est toujours pas une situation agréable pour qui l’expérimente. Surtout, quand on arrive dans un pays au moment où la présidentielle s’annonce à l’horizon. Cela reste toujours une situation palpitante pour nombre d’étrangers. «Je suis arrivé au Bénin, il y a quelques mois. J’ai vécu comme tous les Béninois, les moments d’angoisse de cette campagne électorale. Vous ne pouvez imaginer ma peur! Surtout à propos des nombreuses contestations que l’on a connues tout au long du processus. Et  quand je vois aujourd’hui ce que vit la Côte d’Ivoire à l’heure où nous parlons, c’est vraiment émouvant. Et tout cela, c’est la soif du pouvoir qu’ont nos hommes politiques à vouloir, à tout prix, prendre le pouvoir ou plus encore briguer plusieurs mandats et cela peu importe le prix à payer. Le pire c’est que se sont les populations qui en pâtissent. C’est donc une chose que je ne souhaite pas à cette terre qui m’a accueilli sans distinction aucune et où, je compte bien poursuivre mes études en toute quiétude», confie anxieusement Jeanne Traoré, jeune burkinabè, étudiante en première année marketing.

En effet, quand on sait qu’en Afrique de façon générale, la présidentielle ne s’achève pas très souvent, comme cela devrait l’être, dans la paix et tranquillité. «Le problème électoral du Bénin actuellement est à prendre avec beaucoup de réserve. Car des surprises, il peut y en avoir tout au long de cette élection. Boni Yayi, le président sortant, a comme de fortes chances de gagner un second mandat. Au vu des chiffres actuellement communiqués. Mais, Adrien Houngbédji peut aussi à la grande surprise de tous, battre Yayi au second tour, pourquoi pas. Vu que c’est sa dernière cartouche. Donc, il ne pourra que tout faire pour l’emporter s’il aspire vraiment à être Président. Tout ce qui est a souhaiter, c’est que l’heureux perdant, au sortir de cette élection, consomme tranquillement sa défaite et laisse les populations vivre tranquillement. Car, on ne veut plus d’une Afrique des guerres, mais d’une Afrique qui avance», dévoile Max Mbété, de nationalité congolaise, entrepreneur à Cotonou depuis trois ans. «Je ne sait pas si la démocratie existe vraiment dans nos pays. Tout ce que je vois, c’est le tripatouillage des élections qui ne fait honneur à personne dans nos pays. Comme si, gagner une élection revient à décrocher son droit à l’immortalité, dans ce bas monde où tout est éphémère. Je pense que la LEPI a été une belle erreur que de l’avoir engagée aussi précipitamment à quelque mois du scrutin. Cela aurait été une bonne chose, si le processus avait été d’abord bien mûri à l’avance. Surtout que le gouvernement prenait tout le temps nécessaire pour mieux peaufiner la liste et prendre en compte tout le monde. Cela n’aurait pas pris la tournure d’une grande supercherie bien montée par le camp Yayi comme nous le fait savoir aujourd’hui l’opposition. Sauf que j’ignore pourquoi l’opposition a-t-elle incité sinon mener campagne afin que leurs sympathisants aillent s’inscrire sur ladite liste? Ou encore, pourquoi avoir attendu le dernier moment pour réagir? Certainement que c’était une tactique politique pour mettre hors jeu le parti au pouvoir. Mais l’avenir nous le dira. Pour le moment prions pour que tout se déroule dans le calme et la sérénité. Toutefois, je salue la sagesse et le calme du peuple béninois», confie objectivement Armelle Késsiali, jeune gabonaise, étudiante en Master en relations internationales.

Donc, les étrangers vivant sur le sol béninois ont vécu de manières différentes cette élection. Mais les attentes de tous sont communes. Ce qu’elles veulent, c’est de voir leur terre d’accueil, le Bénin, continuellement et toujours dans un climat de paix comme elle l’a toujours été.