La Nouvelle Tribune

Supposée victoire de Yayi au 1er tour: la presse instrumentalisée pour préparer l’opinion

Espace membre

Bénin - Juste au lendemain du scrutin, alors que les structures compétentes chargées de la proclamation des résultats n’ont donné aucun chiffre, une certaine presse a décidé de leur ravir la vedette en annonçant tous azimuts des chiffres erronés pour intoxiquer les populations et lui faire accepter  béatement la thèse d’une victoire de Boni Yayi au premier tour.

A peine l’élection présidentielle a-t-elle fini de se dérouler que la presse -une certaine du moins- qui a fait preuve de professionnalisme jusque là,  décide de mettre du feu à la poudre. Dans la soirée du dimanche, une télévision privée de la place organise une nuit électorale, reçoit divers personnalités politiques et acteurs de la société civile pour commenter des « résultats » qu’elle dit détenir de ses représentants envoyés sur le terrain pour collecter les chiffres.  Après avoir balancé des chiffres bruts et épars émanant de quelques quartiers ou arrondissements de quelques communes du Bénin, un drôle d’invité, ministre de la république proclame tout de go détenir tous les résultats à partir desquels, le président Yayi a réussi un K.o parfait. Il est renchéri le lendemain par le directeur de cette télévision qui proclame le même K.o, appuyé par des commentaires désobligeants à l’endroit de l’opposition. Les chiffres ? Les mêmes dont cette chaîne devenue curieusement experte en statistiques électorales s’est fait l’écho dès le dimanche soir. L’onde de choc de cette déclaration prématurée et frauduleuse de chiffres électoraux, pourtant interdite pour la presse, c’est le relais par les autres médias, en l’occurrence la presse écrite. Lancée dès le dimanche soir, cette machine d’intoxication a réussi à changer l’opinion de bons nombre de béninois qui ont cru à ce K.o annoncé.  Dans les rues de Cotonou et même de Porto-Novo, c’est le même refrain, « Yayi a fait K.o ». Et pourtant, un recul et de simples analyses pouvaient permettre de démonter cet argument  qui se base sur des chiffres visiblement tripatouillés par un pouvoir dont le Chef a reconnu le cafouillage autour de la Lepi le jour de l’élection. C’est la première fois depuis 1990 que des chaînes de télévision donnent des résultats avec cette promptitude et bien avant toutes les structures habilités à le faire. Et chose surprenante à ce niveau, la presse qui doit relayer les chiffres des institutions compétentes en dévient le principal producteur. Si même, on accepte cette thèse que les chiffres viennent des gens envoyés sur le terrain, il est aussi surprenant et même impossible qu’un média ait pu condenser autant de chiffres en moins de vingt quatre heures. En effet, plus de 13.000 bureaux de vote ont été ouverts pour l’élection et la seule structure en dehors de la Cana qui a pu envoyer des représentants dans tous les bureaux de vote est l’Olc (Observatoire de lutte contre la corruption) mais qui n’a pas encore réussi à condenser tous les chiffres à ce jour. On comprend donc la finalité de ce plan financé par le pouvoir pour préparer l’opinion à accepter le K.o après une élection calamiteuse. Selon donc nos sources, des millions auraient été attribués à certains journalistes pour balancer une information de cette gravité.  Heureusement qu’il y a la société civile qui a pris des initiatives alternatives  pour avoir ses chiffres et contredire les chiffres du pouvoir. D’ailleurs Jean Baptiste Elias a battu en brèche cette thèse du K.o et affirme qu’il y a bel et bien un second tour et annonce ses chiffres pour bientôt. Heureusement que face au mercantilisme de certains journalistes, certains acteurs de la société civile opposent leur  conviction et  le patriotisme. Heureusement…