La Nouvelle Tribune

Tension sociopolitique à la veille de la présidentielle: le mutisme suspect de Yayi

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En cette période de campagne électorale, le climat sociopolitique s’est dégradé, vu que les acteurs politiques ne s’entendent guère sur la lépi, instrument d’arbitrage des élections déjà transmise à la Céna. La situation est des plus inquiétantes et suscite beaucoup d’interrogations, notamment celle liée au rôle joué par le père de la nation pour une sortie de crise.

Le mercure a monté d’un cran, les indicateurs sont très alarmants au point où le peuple angoissé se demande si les politiques veulent-ils transformer le pays en lugubre cimetière ou en champ de vestiges illustrés par de rares témoins généralement orphelins. Il faudrait se résoudre au constat d’une détresse majeure qui interpelle d’urgence la foi et la raison du Président de la République. En effet, les opposants, les syndicalistes et les exclus de la lépi ne cessent de montrer du muscle pour manifester leur indignation contre sa confection précipitée et pleines d’incohérences. La parfaite illustration est la marche du lundi dernier sur la cour, marche au cours de laquelle les manifestants ont été empêché dans leur progression par les forces de l’ordre. La démocratie béninoise prend ainsi des coups qui lui seront peut être mortels si des mesures urgentes ne sont pas prises à temps. Certains acteurs et mouvements ont très tôt appréhendé l’ampleur de la situation et ont appelé au dialogue. A titre d’exemple, nous pouvons citer Monseigneur Antoine Ganyé, Maitre Adrien Houngbédji et Gerddes Afrique. Mais le Président Boni Yayi qui clame partout son désir de voir s’organiser une table ronde, n’a rien fait depuis lors poussant beaucoup à interpréter son attitude comme un refus de dialogue. Pour certains observateurs de la vie politique nationale, Boni Yayi entend sa mort politique prochaine, s’acharne à verrouiller les portes et à opposer une farouche surdité aux nombreux cris de misère qui assaillent le peuple. En sa qualité de Père de la nation, il a plus que quiconque le droit et le devoir de préserver le génie du renouveau démocratique afin d’éviter au peuple la honte.