La Nouvelle Tribune

Sortie médiatique de Robert Dossou: un coup d’épée dans l’eau

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La sortie médiatique du président de la Cour constitutionnelle Robert Dossou n’a pas comblé les attentes. Venu pour rassurer le peuple après la levée de boucliers vendredi dernier de l’opposition qui l’accuse de légiférer à la place des députés, Robert Dossou a simplement choisi de ramer à contre-courant des préoccupations de l’heure.  Dans le fond et la forme, sa sortie n’a convaincu personne. Dans la forme, la sortie de Robert Dossou en pleine campagne électorale et à un moment où la tension politique  est à son paroxysme est le signe expressif d’un malaise profond. En tout cas, c’est pour la première fois depuis 1990 qu’un président de la Cour est venu, en plein mandat, sous les feux de la rampe pour s’expliquer et se défendre contre des accusations de plus en plus fréquentes. Dans le fond aussi, c’est la déception, Robert Dossou n’apporte aucune réponse aux inquiétudes actuelles,  met tout sur le compte de la méchanceté et semble s’enorgueillir de son indépendance et de son professionnalisme. Pourtant, presque toutes les décisions sont attaquées par d’éminents juristes qui ont fait comme les mêmes études de droit. Jadis militant de la cause du président Boni Yayi, il a été promu par ce dernier à la Cour et maints béninois s’étonnent bien de l’impartialité des décisions d’un tel juge constitutionnel partisan. Incapable de se défendre, Me Dossou ne trouve qu’à dire que c’est son militantisme qui a permis d’avoir la conférence nationale. Et, cérise sur le gâteau ajoute que c’est le pouvoir législatif qui fait des abus. Accusé aussi d’avoir exigé la Lepi pour 2011,  il affirme que ce n’est pas la Cour qui a voté la loi sur la Lepi et qu’avec la liste manuelle, les retards actuels ont été aussi notés.  Quid du respect des délais constitutionnels ? Dossou est resté muet sur ces préoccupations, feignant d’ignorer la tension socio-politique qui se profile à l’horizon. « Si la parole est d’argent, le silence est d’or », dit un proverbe français. Robert Dossou a semblé bien l’oublier.