La Nouvelle Tribune

Lépi: Lehady Soglo et plusieurs autres maires s’indignent

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(Leurs exigences à la Cps/Lépi et à la Miréna) Face à la presse hier  dans les  locaux  de la mairie de Cotonou,  le premier adjoint au maire Lehady Soglo et plusieurs autres maires  de l’intérieur ont tiré  la sonnette d’alarme  sur différentes insuffisances et failles qui émaillent le processus de réalisation de la Lépi. « Depuis le début du processus de la réalisation de la Liste Electorale Permanente Informatisée (Lépi), les Maires et bien d’autres élus  communaux sont restés totalement administratifs, collaborant ainsi avec la Cps/Lépi, la Mirena et les autres démembrements de cette institution sans arrière pensée».  Mais depuis hier ils ont décidé de s’exprimer. Et  ceci de la manière la plus forte.  « Plusieurs Béninois ne sont pas encore recensés tant sur le territoire national qu’à l’étranger « s’indigne-t-il, avec preuves à l’appui.  Dans le Zou, à le croire, ou par exemple, sur un total de 494.433 personnes âgées de 12 ans et plus, recensées lors du recensement porte à porte, seulement 378.835 personnes ont été enregistrées soit 115.598 personnes qui risquent de ne pas jouir de leurs droits constitutionnels au vote. Ils ne peuvent ni être éligibles ni élire. De même, dans les départements de l’Ouémé, sur un total de 648.147 personnes recensées, seulement 446.194 personnes ont été enregistrées, soit 201.953 personnes non enregistrées. Bref, sur l’ensemble du Bénin, sur 4.962.294 recensés lors des Rpp

(Recensement porte à porte), selon la Mirena, 3.609.544 ont été enregistrés lors de la troisième phase, soit 1.352.750 personnes non enregistrées.  Et  à  Lehady Soglo  de poursuivre sur un ton plus ferme : « Nous voudrions à ce propos rappeler que lors de l’élection présidentielle de février-mars 2006, le candidat Boni Yayi avait obtenu 35% des suffrages soit un peu plus d’un million des électeurs. C’est dire que le processus de la réalisation de la Lépi, tel que conduit aujourd’hui, risque de laisser en rade plus de gens que le score du candidat Boni Yayi au premier  tour de l’élection présidentielle de 2006 ! Cela est trop grave pour que nous, responsables des Communes ne réagissions pas pour protéger les droits constitutionnels au vote de nos concitoyens qui, se verront privés desdits droits pendant 10 ans. Ils ne peuvent ni être électeurs ni être élus au cours des prochaines élections des dix dernières années à venir. »  Il indique par ailleurs  que lui  et les autres maires dont ceux de Bohicon, d’Abomey, de Kpomassè, de Pobè, de Klouékanmè, etc, fournissent ces données pour édifier les populations sur le danger qu’elles courent, si à la fin du processus elles ne sont pas enrôlées. « Et tout cela à cause de la carence  avec laquelle la Cps/Lepi et la Mirena gèrent cet instrument capital » précise-t-il.

 

Entre autres intervenants,  le maire de Porto-Novo, laissera entendre que   leur  scepticisme est d’autant plus grand que déjà, les kits sont totalement inexistants et/ou défectueux, avec un personnel dépassé par l’ampleur des tâches. C’est ainsi que dans l’Ouémé par exemple, un kit fonctionne pendant deux heures et devrait être rechargé pendant cinq heures au moins.  Pour eux, la démarche, loin d’être un acte politique, est une exigence prévue par la loi 2009-10 du 13 mai 2009 portant organisation de recensement électoral national approfondi et établissement de la liste électorale permanente informatisée en son article 21.Si la  Lépi  est une bonne chose, ils craignent que sa mauvaise réalisation  conduise  à la perte des droits citoyens des  populations. Le risque, s’inquiètent davantage les maires,  est grand qu’elle conduise à des difficultés sociale, à des contestations voire à des troubles.

Au regard de toutes ces observations, ces maires, exigent de la Cps-Lépi et de la Mirena, le point des différentes étapes du processus au peuple béninois ; le point des personnes enrôlées ; l’affichage des listes électorales ; la mise en place d’une organisation qui permette réellement aux personnes non recensées de pouvoir l’être ; le respect des délais conformément aux dispositions de la loi  et en fin la dotation des centres d’enrôlement de kits performants et en nombre suffisant.