La Nouvelle Tribune

campagne cotonnière 2008-2009

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Le cadeau de Yayi à un ami politique
Décidément tous les actes décisifs que Boni Yayi pose, pour semble-t-il, améliorer le sort du coton laissent  toujours planer des doutes et des non-dits. Et au bout du compte ils visent chaque fois à faire plaisir à un même homme d’affaire
  Le chef de  L’Etat  a annoncé dimanche dernier au cours d’une rencontre avec les producteurs le prix de cession du coton graine et des intrants agricoles.  Dans le cadre de la campagne cotonnière 2008-2009, les intrants agricoles seront cédés aux producteurs à 235f. Un prix  subventionné par le gouvernement  avec une incidence financière de plus de sept milliards de franc, à supporter par le contribuable béninois. Au fond, cette décision, bien que salutaire pour les producteurs,  cache des dessous qui finissent par se révéler au grand jour. Sinon, comment comprendre le fait que la décision du gouvernement ? Il lance  un appel d’offre dans le cadre de la campagne cotonnière, au bout du processus, un adjudicataire est retenu. Et c’est seulement lorsque ce dernier est connu que le gouvernement se décide à subventionner le prix des intrants que cet adjudicataire  est appelé à importer et distribuer aux producteurs. D’où la question de savoir pourquoi le gouvernement n’a pas cru devoir  informer tous les soumissionnaires de son  intention au début du processus, pour que chacun d’eux puisse s’en inspirer pour faire ses offres ? Avoir attendu de désigner l’adjudicataire  et lui offrir un cadeau de sept milliards sur un plateau d’or  est indubitablement une décision qui vaut son pesant d’or. En réalité,  le chef de l’Etat avait besoin de faire la paix avec ce soumissionnaire privilégié, après le coup de froid intervenu dans  leurs relations,  lors du fameux processus de privation de l’outil industriel de la société nationale de promotion agricole (Sonapra), dont ce dernier n’a pu finalement profiter. Connaissant ses capacités de nuisance politique en ces jours de haute tension politique où le nombre des alliés diminue comme une peau de chagrin(on se souvient du rôle de premier plan qu’il a joué  lors de la présidentielle de 2006), il fallait trouver une occasion aussi alléchante que celle de  la privatisation de la Sonapra pour lui sécher les larmes et le ramener au bercail.  D’où l’échafaudage de ce plan de subvention  planifiée, sans tambours ni trompette, qui  nous est tombé sur la tête un beau matin, à l’occasion d’une banale cérémonie d’annonce de prix d’intrants. Le denier mot revient donc aux députés. A eux de demander des comptes au gouvernement pour éviter que le coton béninois soit pris en otage par un seul individu.

Janvier Zocli