La Nouvelle Tribune

Fard Alafia: la rançon de l’indiscipline politique

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Le Front d’action pour  le renouveau démocratique (Fard Alafia) continue de s’enliser  dans les poubelles de l’histoire.  Une deuxième fois après 2006, ce parti confirme sa grande propension pour les soutiens multiples. Pour l’élection de Février prochain, l’option est la même. Deux  ailes se sont constituées pour soutenir  Boni Yayi et Bio Tchané.

Un parti pas comme les autres ! Depuis quelques années, le Fard Alafia s’illustre par une indiscipline notoire.  Stable en basse saison politique, il devient instable à l’approche des élections. Le choix d’un candidat  à soutenir pour l’élection présidentielle a toujours été une question délicate dans ce parti. Si ce n’est pas un responsable qui s’oppose au choix, c’est une frange des militants qui font la rebellion.  En 2006, les ambitions des uns et des autres ont failli amener le parti à la cassure. On se rappelle bien qu’en son temps, une bonne frange des militants s’est opposée à la candidature de son secrétaire général  Daniel Tawema. Beaucoup parmi eux ont suivi le candidat Boni  Yayi. Une dernière partie a décidé d’apporter son soutien à Bruno Amoussou. Juste après sa victoire à l’élection présidentielle, le président Boni Yayi a accéléré la descente aux enfers de ce parti  en le vidant de la majorité de ses membres et de ses icônes qui, sous la houlette de l’honorable Karimou Tchabi Sika, sont allés créer le parti Alafia. Malgré ce départ massif de bon nombre de ses militants, le substrat est resté. Le parti tenu par son secrétaire général  Véronique Gbèdo Sagbo a resisté  même  s’il est resté amorphe.  Et comme l’histoire est têtue, les mêmes choses se reproduisent en 2011. Flairant le danger et se sachant en minorité, le ministre Barthélémy Kassa et une partie des membres qui ont eu la chance de bénéficier des avantages du pouvoir ont organisé un congrès pour déclarer leur soutien au président Yayi. Les autres, majoritaires crient à la tricherie et à la manipulation. La semaine dernière, ils organisent un nouveau congrès à Parakou où ils font allégeance au président Bio Tchané.

Une indiscipline séculaire

Nos investigations ont permis de savoir que  la légalité se trouve du côté de l’aile de Véronique Sagbo qui a décidé de soutenir Bio Tchané. Selon les textes du parti, c’est le bureau en l’occurrence le Secrétaire général qui convoque le bureau politique afin que ce dernier convoque l’Assemblée générale. Mais Barthélémy Kassa, bien que membre influent de ce parti aurait, selon certaines sources décidé seul de ce choix sans consulter ses autres collègues.  C’est dans sa volonté de montrer au président Boni Yayi qu’il maîtrise le Fard Alafia et qu’il ne peut pas se dérober à son soutien que le ministre Kassa a initié et convoqué ce congrès pirate de Dassa. Le ministre de la recherche minière et pétrolière est bien conscient que son parti n’a pas encore retrouvé sa stabilité d’antan. Il a simplement surfé sur les différentes démissions et les tentatives de cassure du parti  pour poser son acte. Au Fard Alafia en tout cas, l’indiscipline politique est le sport favori.  Kassa et ses amis ne seront pas certainement les premiers. Le parti doit revoir de fond en comble sa structure interne et procède à la sanction systématique des militants fautifs  sauf s’il a l’ambition de vite disparaître.