La Nouvelle Tribune

Les dérives verbales de Soglo et Hountondji

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Donc, ce qui vous inquiète le plus, ce sont les attaques à la liberté de la presse ?

Non seulement, mais à la liberté tout court. Il y a même maintenant, comme le dit l’écrivain Couao-Zotti, il y a des professions de circonstances qui se développent partout. Il y a des marcheurs, des rassembleurs, des fournisseurs de hauts parleurs, même de pure water et des lecteurs de motions qui s’agitent partout.

Vous êtes très sévères tout de même. N’y-a-t-il pas une démocratie au niveau local ? Les législatives dernières n’ont-elles pas été transparentes ?

Je vais vous dire ceci pour Yayi Boni. C’est un membre de notre parti que nous avons envoyé précisement à la Boad. Eh bien, il a le complexe de dire qu’il faut tuer le père pour exister. Alors , je suis un peu surpris car ce qui me parâit fondamental, c’est la démocratie. Car sans la démocratie, il n’y a pas de développement.

Est- ce que justement, sur le plan des élections et de la transparence, il n’y a pas encore de la démocratie dans votre pays ?

D’abord, il y a l’achat de conscience qui est devenu quelque chose d’ahurissant. Les membres du gouvernement, alors que nous sommes encore en période électorale, se promènent partout et distribuent de l’argent partout, parce que la misère est là après 10 ans de Kérékou. Maintenant, les programmes des micro-finances sont utilisés pour acheter les consciences, et c’est le Président même qui distribue de l’argent. Mais nous allons lui barrer la voie. Faites-moi confiance.

Pourtant, il y a un mois, le Président Georges Bush en visite au Bénin avait fortement félicité Yayi Boni pour ses efforts en faveur de la bonne gouvernance ? Est-ce que ce n’est pas le signe que tout n’est pas mauvais dans la politique de Boni Yayi

Quand Bush était venu, c’est vrai, je n’y étais pas, mais il m’a envoyé un cadeau. Alors, je lui ai dit, si vous êtes bien informé attention, il y a un mauvais tournant dans ce qui se passe actuellement dans notre pays.

N’y-a-il pas quand même des hommes d’affaires corrompus qui sont poursuivis par la justice et qui ont même été jetés en prison depuis l’arrivée de Boni Yayi?

Ce n’est pas moi qui ai poursuivi. C’est à Cissé qu’il faut dire. En tout cas, nous sommes pour la lutte contre la corruption. Mais j’ai le sentiment que c’est devenu une sorte de ce que faisant Kérékou pendant la révolution. Et c’est une technique que Mobutu utilisait dans son discours

Regrettez –vous , il y a deux ans d’avoir appelé à voter pour Boni Yayi contre Houngbédji ?

Honnêtement, je dis qu’entre plusieurs maux, il faut choisir le moindre

A l’époque, vous pensiez que Boni Yayi était le moindre mal ?

A mon avis

Aujourd’hui, vous avez changé d’avis ?

Vous savez, quand un enfant naît, il faut l’aider à grandir et le laisser faire ses premières expériences, car il peut y avoir des succès et des échecs. Mais à partir d’un certain niveau, tous ceux qui l’ont aidé à venir au pouvoir, l’ont aidé financièrement, ou politiquement ont été déçus. Vous savez, j’ai signé un accord, et il m’a dit que c’est un chiffon

Voulez-vous dire que Yayi Boni n’a pas respecté l’accord que vous avez signé avec lui ?

Ça, c’est un secret de polichinelle. Et nous n’étions pas les seuls, car il a aussi traité tous les autres accords comme des chiffons.

C’est dire qu’il y avait des postes ministériels et que Boni Yayi n’a pas tenu parole après?

Non, il n’y avait pas que ça, il y avait aussi des réformes fondamentales à respecter, comme la liste électorale informatisée, première des choses que nous avions demandée, sans compter qu’il fallait respecter les lois sur la décentralisation. Alors , il n’avertit personne et fait ce qu’il veut, ce que nous ne tolérons pas.

 

Propos reconstitués sur Internet par Christian Tchanou